Je l'ai pris au CDI, car cette année nous avons deux nouvelles documentalistes QUI CONSEILLENT les gens.
Avant, c'était pas comme ça.
L'une des anciennes est décédée, on ne peut pas le lui reprocher, et l'autre a muté.
Bref.
Donc, ça parle d'une mère et sa fille qui recoivent la visite d'un huissier venu répertorier ce qu'il va pouvoir emporter.
La mère est assez barrée, elle ne cesse de parler du maréchal Putain, de 1943, de Darnand, Bousquet and co, car elle vit dans le souvenir de l'assassinat de son frère en 43 par deux jeunes, en
représailles à l'engagement de la mère de cette femme et de son frère contre l'occupation, les dénonciations et toutes ces joyeusetés.
Elle prend l'huissier pour un milicien et raconte sa vie, ses délires, et sa fille complète les blancs sous les yeux d'un huissier silencieux et zélé.
Pas de ponctuation de dialogue, ni guillemets, ni tirets, on sait juste qu'on change de personnage avec des expressions comme "ma mère poursuivit" ou "dis je à l'huissier".
D'un chapitre à l'autre, on glisse : des petits points et la suite au prochain épisode.
Ca parait dur à lire au début mais on s'habitue.
Et on finit par trouver ça super bien fait.
Ca donne l'impression d'une unité de temps correspondant au temps de la lecture.
On se retrouve dans l'appart, on a l'impression d'être spectateur de ce huis clos.
C'est presque une pièce de théâtre, enfin, en lisant, on VOIT les personnages jouer leur truc.
En plus, c'est assez hilarant, et atroce à la fois.
J'ai appris plein de nouveux mots, parce que le vocabulaire employé est loin d'être simple: les deux figures principales se nourrissent exclusivement d' "anciens" : Pétrarque, Sophocle, Pline
l'ancien et le jeune aussi (mais qui est quand même pas hyper récent -époque BHL je crois).
Genre de nouveau mot : paralipomènes.
Ben oui, Henri (je sais que tu voudrais réussir ta vie mais si tu comprends pas ce mot, on est mal, Henri, on est mal).
Lydie Salvayre se trouvait à Montauban récemment, et elle a rencontré des collègues et des élèves.
Elle a confié que dans ses romans les personnages un peu azimutés détenaient souvent la sagesse et la vérité.
Ca, c'est assez clair.
Donc, pour illustrer mon propos, je vais tenter une expérience.
Comment savoir si les gens qui nous entourent détiennent la sagesse et la vérité? sont ils donc azimutés?
Exemple numéro 1.
Prenons quelqu'un qui nous gouverne.
Mr C*pé par exemple. (par exemple, c'est vraiment au hasard, parce que je pense à lui, là, à cette heure matinale et pourtant je n'ai pas trop bu de café, mais sans doute ai je fait un rêve où il
apparaissait sous sa forme la plus commune: une tête de gland).
Prenons le journal de France 3, un jour de semaine, à midi.
Prenons un centre de rétention à Mayotte, où s'entassent 220 bonhommes comoriens dans une salle prévue pour 60, où des enfants dorment dans des toilettes immondes et où on évite de parler de la
nourriture.
Prenons Mr C*pé (c'est une image), devant ce reportage. Le journaliste lui demande "n'y a t-il pas urgence humanitaire?"
"si ces images sont véritables ce dont je n'ai pas de raison de douter (ben non, mais mieux vaut le dire Jeff), en effet il ya urgence" minaude le bougre.
Ah? demande habilement le journaliste.
"hola oui, et bien que je fus d'accord avec la politique du gouvernement, qu'il nous sort, je pense qu'il est urgent de s'intéresser à ce centre de détention, pardon, de rétention et d'agir en
conséquence".
Ouf, l'expérience est concluante.
Mr C*pé n'est pas fou.
Il ne doute PAS que ceci existe; ne fait pas de lapsus.
Mr C*pé SAIT que ces gens là bas, sont des êtres humains (alors que moi, je me disais, bon, des comoriens, hein, bon, vous voyez ce que je veux dire. Non? pas grave, allez lire un blog
influent).
Mr C*pé est érudit, il nous gouverne, t'as qu'à voir.
Il n'est pas azimuté.
Mme Salvayre a donc raison.
CQFD.
L'on pourra constater, au 1er visionnage que l'homme dont on parle est secoué de tics.
Au second, l'on s'apercevra que son discours est assez trouble.
Au 3è; l'on comprendra que l'on n'a rien compris et lui non plus.
Enfin, l'on fera tourner cette vidéo comme une bonne blague présidentielle...
Donc, Mme Salvayre a tort.
Les gens azimutés ne détiennent pas toujours la sagesse et la vérité.
Elle a donc tort ET raison (c'est malin, on n'est pas plus avancé maintenant)
Par contre, l'on a bien saisi que notre gouvernement est constitué de gens dont la santé mentale vacille ( de Koch)..