Nous n'étions pas des amies, ni des collègues très proches, mais je suis touchée pourtant.
Nos discussions étaient toujours agréables.
Tu faisais partie de ces gens de l'éducation nationale dont j'appréciais le dynamisme, le professionalisme et la gentillesse.
La dernière fois que je t'ai parlé c'était quelques jours avant ce geste définitif.
Nous avons évoqué les difficultés à enseigner aux CAP, et le découragement qui en découlait.
On s'est dit aussi, heureusement les vacances arrivent.
Mais tu ne leur as pas laissé le temps de te requinquer.
Je ne sais pas ce que je dois penser et ressentir, aurais je pu m'apercevoir de ta souffrance, et de ta détresse, alors même que tes proches n'ont rien vu?
Ton geste a été violent et fatal, et nous sommes là, maintenant, comme des imbéciles.
J'ai quand même de l'espoir.
Si tu as choisi cette solution, c'est que tu étais sûre que tu serais mieux ailleurs, alors, ce soir, j'espère sincèrement que c'est le cas.
Je pense à tes filles, à ton ex- mari, et je suis sûre qu'ils te pardonnent.
Au revoir Nadine.
Ce soir je me demande "how to save a life".
Bientôt, nous retrouverons notre entrain et je vous raconterai comment je suis trop douée pour faire les paquets
cadeaux.