« Heureux les simples d’esprit ».
Vivement conseillé par l’ami Nicmo.
Acheté à Leclerc au « centre culturel », en fait commandé car ils ne l’avaient pas.
Ce qui m’a laissé entre temps l’occasion de lire « La forêt des Mânes » de Grangé (très bien, rien à dire) et « Et si
c’était niais » de Pascal Fioretto, mais sur celui-ci je reviendrai (oui je REVIENDRAI !!) car j’ai plein de choses fascinantes à dire, j’oserai même ajouter captivantes mais tant
d’emphase d’un seul coup c’est trop, on dirait Sarko qui prône l’égalité des chances pour les jeunes…
Lu en grande partie chez le coiffeur, parce que ça m’a évité à la fois le bonheur de lire Voici, Closer, et Match, (ça c’est dommage)
et les conversations insipides de la coiffeuse (vous avez les cheveux fins / on éclaircit un peu les mèches ? / il fait encore doux pour la saison, non ?)
Je lis vite, j’ai toujours lu très vite, même en primaire j’avais toujours fini avant les autres, si bien que j’avais le temps de
relire le texte une seconde fois pour être au même niveau que les autres. Il parait que je lis en diagonale, c’est sûrement vrai.
Bref.
J’en ai donc lu une grande partie puis je l’ai terminé le lendemain.
Je manifeste généralement une certaine m éfiance à l’égard des rebelles de tout poil. Rebelles dans le look, la musique, la vie
en général.
Du coup j’ai été servie.
Cara Zina se présente comme une ancienne punkette, fan des Béruriers Noirs qu’elle suivait comme leur ombre, accompagnée
par « la grande », Mme Virginie Despentes.
Donc, punkette, un peu droguée et biérophile comme il se doit, squattant ici et là , amenée de temps en temps au poste, mais ne
déshonorant pas sa famille, car jamais condamnée à rien et titulaire d’un bac et d’un diplôme universitaire, qui lui a permis de devenir instit.
C’est un peu ce qui m’a gênée et en même temps satisfaite : elle s’est toujours débrouillée pour assurer ses arrières. Ca me gêne
car ça ne colle pas toujours avec les idéaux prônés mais ça me satisfait parce que c’est aussi une preuve d’intelligence.
Ce que je n’ai pas aimé en revanche c’est la légère auto-satisfaction quand elle raconte comment elle a truandé la SNCF pendant des
lustres et qu’elle s’excuse auprès de la personne dont elle avait usurpé l’identité. « je m’e’xcuse sincèrement auprès de Mme Truc pour toutes les amendes qu’elle a dû recevoir » ou un
truc dans ce goût là. Ca sonne un peu faux, ça me parait un peu brandi comme un trophée, genre j’étais VRAIMENT trop rebelle, non ?
Je n’ai pas vraiment aimé non plus les allusions à Despentes, son amie de toujours . J’avais l’impression qu’elle essayait de
légitimer son travail d’écrivain en se référant à ce modèle, et je pense que ce n’était pas du tout nécessaire.
Par contre, j’ai beaucoup plus aimé la suite du bouquin : sa vie de femme pas trop heureuse avec les mecs, de mère d’un gamin
handicapé, sa rébellion lissée et aplanie, mais toujours présente, même si encore parfois exagérée, comme à la naissance de son fils, à l’hôpital, quand elle et ses amis jouaient la mélodie du
bonheur malgré le handicap du môme, avec musique et bonne humeur, car elle refuse de vivre sa différence comme un obstacle au développement du gosse.
J’ai trouvé sympa et plus réaliste ses illusions sur l’amour, sa vie de mère célibataire, sa vie d’instit un peu décalée mais largement à la hauteur.
J’ai pris du plaisir à lire ce bouquin, notamment parce que c’est bien écrit, c’est nerveux et plein d’humour, et qu’elle n’a pas
besoin de sentir petite par rapport à « la grande ». C’est sans doute pour ça que je l’ai lu si vite (quand c’est indigeste ça traine longtemps sur ma table de nuit…)
Je vais lire King Kong Théorie de Despentes aussi.
Mais en attendant je me suis replongée dans un King, que , assez étonnamment, je n’ai pas lu : « l’histoire de
Lisey »
Allez bisous, les aminches.