Philippe D

Jeudi 15 octobre 2009

«  Heureux les simples d’esprit ».

 

Vivement conseillé par l’ami Nicmo.

Acheté à Leclerc au « centre culturel », en fait commandé car ils ne l’avaient pas.

Ce qui m’a laissé entre temps l’occasion de lire « La forêt des Mânes » de Grangé (très bien, rien à dire) et « Et si c’était niais » de Pascal Fioretto, mais sur celui-ci je reviendrai (oui je REVIENDRAI !!) car j’ai plein de choses fascinantes à dire, j’oserai même ajouter captivantes mais tant d’emphase d’un seul coup c’est trop, on dirait Sarko qui prône l’égalité des chances pour les jeunes…

 

Lu en grande partie chez le coiffeur, parce que ça m’a évité à la fois le bonheur de lire Voici, Closer, et Match, (ça c’est dommage) et les conversations insipides de la coiffeuse (vous avez les cheveux fins / on éclaircit un peu les mèches ? / il fait encore doux pour la saison, non ?)

Je lis vite, j’ai toujours lu très vite, même en primaire j’avais toujours fini avant les autres, si bien que j’avais le temps de relire le texte une seconde fois pour être au même niveau que les autres. Il parait que je lis en diagonale, c’est sûrement vrai.

Bref.

J’en ai donc lu une grande partie puis je l’ai terminé le lendemain.

Je manifeste généralement une certaine m éfiance à l’égard des rebelles de tout poil. Rebelles dans le look, la musique, la vie en général.

Du coup j’ai été servie.

Cara Zina se présente comme une ancienne punkette, fan des Béruriers Noirs qu’elle suivait comme leur ombre, accompagnée par «  la grande », Mme Virginie Despentes.

Donc, punkette, un peu droguée et biérophile comme il se doit, squattant ici et là , amenée de temps en temps au poste, mais ne déshonorant pas sa famille, car jamais condamnée à rien et titulaire d’un bac et d’un diplôme universitaire, qui lui a permis de devenir instit.

C’est un peu ce qui m’a gênée et en même temps satisfaite : elle s’est toujours débrouillée pour assurer ses arrières. Ca me gêne car ça ne colle pas toujours avec les idéaux prônés mais ça me satisfait parce que c’est aussi une preuve d’intelligence.

Ce que je n’ai pas aimé en revanche c’est la légère auto-satisfaction quand elle raconte comment elle a truandé la SNCF pendant des lustres et qu’elle s’excuse auprès de la personne dont elle avait usurpé l’identité. « je m’e’xcuse sincèrement auprès de Mme Truc pour toutes les amendes qu’elle a dû recevoir » ou un truc dans ce goût là. Ca sonne un peu faux, ça me parait un peu brandi comme un trophée, genre j’étais VRAIMENT trop rebelle, non ?

Je n’ai pas vraiment aimé non plus les allusions à Despentes, son amie de toujours . J’avais l’impression qu’elle essayait de légitimer son travail d’écrivain en se référant à ce modèle, et je pense que ce n’était pas du tout nécessaire.

 

Par contre, j’ai beaucoup plus aimé la suite du bouquin : sa vie de femme pas trop heureuse avec les mecs, de mère d’un gamin handicapé, sa rébellion lissée et aplanie, mais toujours présente, même si encore parfois exagérée, comme à la naissance de son fils, à l’hôpital, quand elle et ses amis jouaient la mélodie du bonheur malgré le handicap du môme, avec musique et bonne humeur, car elle refuse de vivre sa différence comme un obstacle au développement du gosse.

J’ai trouvé sympa et plus réaliste ses illusions sur l’amour, sa vie de mère célibataire, sa vie d’instit  un peu décalée mais  largement à la hauteur.

J’ai pris du plaisir à lire ce bouquin, notamment parce que c’est bien écrit, c’est nerveux et plein d’humour, et qu’elle n’a pas besoin de sentir petite par rapport à « la grande ». C’est sans doute pour ça que je l’ai lu si vite (quand c’est indigeste ça traine longtemps sur ma table de  nuit…)

 

Je vais lire King Kong Théorie de Despentes aussi.

Mais en attendant je me suis replongée dans un King, que , assez étonnamment, je n’ai pas lu : « l’histoire de Lisey »

 

Allez bisous, les aminches.

 

Par Betty
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Lundi 5 octobre 2009

 Je rends grâce à Yannis de m'avoir prêté la joie du bonheur d'être heureux.

Car du coup il a éveillé ma curiosité.

Alors j'ai tapé sur mon clavier comme l'autre sur ses bambous, et c'est numéro 1.

Voici ce que j'ai trouvé.


La Rentrée littéraire assassinée !


Et si la rentrée littéraire était drôle ?


Printemps 2007. Alors que la rentrée littéraire approche, Christine Anxiot n’a toujours pas remis son manuscrit annuel. Pire, la prolifique écrivain ne donne plus signe de vie. Son éditeur déclenche une enquête sur l’inexplicable disparition.
Il est bientôt rejoint par un commissaire graphomane et une profileuse lacanienne. Mais les enlèvements d’écrivains continuent…
Dans les milieux feutrés de l’édition s’engage alors une impitoyable chasse à l’homme de lettres où il n’y a pas que les bonnes feuilles qui tombent.

Pour réaliser ce polar plein de rebondissements, les plus grands noms de la littérature française se sont passé la plume et ont rédigé chacun un chapitre de cet hilarant cadavre exquis :

Denis-Henri Lévy, Barbès Vertigo
Christine Anxiot, Pourquoi moi ?
Fred Wargas, Tais-toi si tu veux parler
Marc Levis®, Et si c’était niais ?
Mélanie Notlong, Hygiène du tube (et tout le tremblement)
Pascal Servan, Ils ont touché à mes glaïeuls (Journal, tome XXII)
Bernard Werbeux, Des fourmis et des anges
Jean D’Ormissemon (de la Française Académie), C’était rudement bath’
Jean-Christophe Rangé, Les limbes pourpres du concile des loups
Frédéric Beisbéger, 64 %
Anna Galvauda, Quelqu’un m’attend, c’est tout


Et puis j'ai trouvé ça aussi :


Pascal Fioretto lit un extrait de L'élégance du maigrichon
envoyé par LEXPRESS. - Regardez plus de courts métrages.

J'aime tout particulièrement le passage du Guillaume Museau, où seras tu si je reviendrai sans toi?
Avec Madison, la cardiologue pour enfant qui cache ses blessures sous son visage sublime...

Les gens, après Heureux les simples d'esprit, je ne m'inquiète pas trop pour mes prochaines lectures...

Hi hi hi!


Par Betty
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Jeudi 1 octobre 2009
Bon ça faisait longtemps que je ne vous avais pas raconté mes dernières lectures.

En plus, hier j'ai une amie qui est venue me rendre visite, elle m'a renversée sur le lit, m'a tenue en éveil une partie de la nuit et m'a empêchée d'aller bosser today (rooooo mince), cette s****** c'est la migraine.

Sans compter que je me suis coupée en nettoyant le récipient qui sert à préparer le pain maison, et j'ai un pansement du coup c'est pas très pratique de taper sur le clavier.

Alors ne sois pas trop regardant sur la qualité du truc hein, je te prie.

Ah oui, t'as vu, j'ai acheté une machine à pain!! Je suis TROP une nouvelle femme.
Je cuis mon pain, je mange équilibré (sauf le Qui*k de midi,)  je prends du Propolis pour éloigner de moi la grippe et les esprits malveillants, j'ai un patch anti tabac, il manquerait plus que je me mette au sport !!!! Hahahaha!!!
Restons sérieux.


Donc.

Cet été j'ai lu la trilogie Millenium.
Ne compte pas sur moi pour intégrer des photos, ma migraine, malgré les médocs nouvelle génération, n'est pas vraiment partie, elle est tapie quelque part.
Et on ne dit pas " Dans ton ...." merci.

Ce sont des bouquins sur fond noir écrit par un suédois.
Première bizarrerie.

Tout se passe donc en Suédie.

Les personnages ont tous des noms de meubles Ikéa.

Le premier était vraiment bien foutu, il fallait enquêter sur une disparition vieille de 30 ans, et le journaliste trop fort s'est attelé à la tâche, avec l'aide d'une jeune rebelle piercée et tatouée.

Le deuxième parle de la vie TRES compliquée de la punkette.
Et de son papa très méchant qui lui a fait beaucoup de mal.

Le troisième la retrouve sur un lit d'hôpital pendant que le journaliste met à jour une affreuse histoire d'espionnage mettant en cause les services secrets suédiens : la Säpo (zitoire).
C'est tellement compliqué que j'ai pas tout bien compris.
Et les personnages, ils sont vraiment bizarres. Ils baisent tous les uns avec les autres, mais juste comme ça, en copains.


Conclusion : je me demande comment sont vraiment les moeurs là bas en Suédie....

Et sinon,
un certain prof de philo, pour se faire pardonner, m'a prêté LE livre qui m'a transformée, qui a fait de moi la femme épanouie, heureuse, totalement délivrée de ses névroses  : La joie du bonheur d'être heureux.

De Pascal Fioretto.

"Auteur du Gay Vinci Code, et de Si c'était niais?; Pascal Fioretto est un être de lumière presque chauve à qui tout semble réussir. Quel est son secret? "  (4è de couverture)

Et bien, crois le si tu veux, il nous le donne son secret. Alors regarde moi bien et tu verras que j'ai intégré toutes ses leçons.
J'ai suivi un stage de développement personnel avec Poalo Coalo, auteur de l'Archiviste.
J'ai découvert pourquoi les hommes mangent des Mars et les femmes du Bifidus.
J'ai goûté à la cuisine résiliente de Boris Cytuldick.
J'ai relooké mon cerveau (grâce aux Oméga 3 du Dr Schreiban-Server).
Jai regagné l'estime de mon soi avec Christophe Fandré.
Et j'ai fait le saut de l'ange dans la Shiantologie.


Voilà.

Regarde comme je rayonne.
Regarde comme je transpire le bonheur (car j'ai trouvé la réponse à LA question : le Nirvana, c'est encore loin?)  et la bonne santé (car j'ai trouvé les réponses à LA question : "peut on guérir sans être malade?")

Je suis AUTRE.

Je sais que tu m'envies, mais tu n'as qu'à acheter ce livre.
Il redonnera confiance à ton soi.
Tu verras.

Par contre si t'as la migraine, la vraie, je ne saurais trop te recommander de te coucher dans le noir et d'avaler un Z*mig.

Comme tu veux.




PS : en attendant le Cara Zina, conseillé par Nicmo, je me suis acheté le Grangé, la forêt de Mânes, commencé dans la salle d'attente de mon médecin, rapport que j'avais plus de Z*mig....
Par Betty
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Samedi 23 mai 2009
Oh bien sûr tu espères que je vais te parler de tous les jouets que j'ai disposés élégamment sur ma table de nuit afin d'égayer mes soirées, mais je t'arrête là, ce n'est pas là que je les range (j'ai des enfants, je suis pas stupide non plus).

Alors en vrac, tu trouveras: une pince à cheveux rose , un paquet de mouchoirs en papier car le printemps me fait ressembler à un lapin myxomatosique à la truffe ruisselante, des boules Quiès pour quand la tondeuse nocturne se met en route à côté de moi (il fut un temps où j'échangeais un homme de 40 ans contre deux de 20 qui n'auraient pas trop servi, je n'ai pas eu de proposition, je réitère, on sait jamais) et surtout des LIVRES.

Oui je sais bien que pour certaines personnes que je connais,  le mot livre est totalement banni de leur vocabulaire.
A la rigueur, ces genss ouvrent "la Dépêche du Midi" et te font par le détail le compte rendu des accidents mortels du week-end, de préférence quand le mort ou les morts étaient jeunes et en bonne santé (c'est moins drôle si c'était un couple de septuagénaires avec un pied dans l'alzheimer et l'autre dans le cancer de la prostate, j'en conviens).
Et je te prie de croire que "la Dépêche du Midi", ça c'est du jOURNAL.


Donc, il y a des livres, plusieurs, des lus, des pas lus, des en cours.
Ca me falicite la vie quand je veux faire un compte rendu de mes lectures car depuis l'ordinateur, j'ai qu'à jeter un oeil (paf) et qu'est ce que je vois? Hein? Ben mes livres, ma table de nuit (tu noteras que je ne vis pas dans un palace, je n'ai pas de bureau à moi, le manoir sera pour plus tard).

J'ai donc trois nouvelles à t'annoncer:

- Marc Lévy a sorti un nouveau roman. Comme tu peux le constater j'ai commencé par la mauvaise.

- Maxime Chattam a sorti un nouveau roman. Ca, c'était la bonne.

- Stephen King a sorti un nouveau roman. Ca c'était l'autre bonne.

- "Je l'aimais" de Anna Gavalda, est sorti au cinéma. Tu vas me dire, mais ça, ça fait quatre nouvelles (parce que tu sais compter) (enfin j'espère), et je te répondrai avec mansuétude : "non, mon bon, (ou ma bonne), ce n'est pas une nouvelle, car ceci est un NON-EVENEMENT.

Mais bref.

Aujourd'hui je vais donc te parler polar, et thriller.

Le King d'abord.
Ah il porte bien son nom celui là.
Toujours au top le type (je fais dans l'allitération tu noteras?).
Duma Key que ça s'appelle.
Je te raconte pas, mais juste pour te mettre l'eau à la bouche (coquinou va) : comme souvent les objets, les lieux sont dotés de vie, des pouvoirs surnaturels se développent chez le héros, rien de bien original mais ce que j'ai aimé c'est le lieu: une île, et le thème : l'art.
C'est assez original chez King, d'aborder le thème de l'art, je ne me souviens pas avoir lu un autre de ses romans sur ce sujet là.
Il a souvent de bonne idées, comme avec Cellular, où tous les possesseurs de portable devenaient des zombies et seuls survivaient les résistants au portable (tu te doutes qu'ils n'étaient pas légion).
Par contre, et comme toujours ce n'est pas sa prose qui nous accroche, il nous ressert encore ce procédé agaçant (mais efficace) de l'espèce de "double narration" : en focalisation interne, tu lis les pensées du gars, et soudain trois petits points et en dessous en majuscules, l'autre pensée, la mauvaise quoi.
Je te donne un exemple, je vois ton air ahuri, va.

" Betty avait remarqué que ses efforts finissaient par payer. Elle accusait déjà 80 grammes de moins sur la balance, elle se sentait plus légère, le monde lui appartenait, elle souriait intérieurement et pensait.......
 PIZZA..
....au délicieux fromage blanc 0% dont elle allait se régaler ce soir au dîner."

Tu vois le genre quoi.
Je l'ai lu avec plaisir, mais pas avec gourmandise, je veux dire, pas en cuisinant par exemple, ou dès que j'avais une seconde à moi.

Pas comme le Chattam donc.
Car celui là, je l'ai lu en si peu de temps, que ça m'a fait l'effet d'un McDO: repu sur le moment et encore affamé une heure après.

Si tu connais Chattam, il est célèbre pour sa trilogie:  l'ame du mal, In tenebris et Maléfices.
Thrillers à faire pâlir d'envie Hannibal Lecter.
Le genre de lecture dont on se délecte tous car c'est épouvantable, de cotoyer de si près de tels serial killers (un quoi? Un serial killer).
Dans les précédents on avait fait la connaissance de Annabel O'Donnel, belle policière New-Yorkaise, dont le mari avait disparu un an auparavant très mystérieusement, et dans celui ci, La Promesse des Ténèbres, on retrouve ce couple avant la disparition de l'époux, sur fond de porno underground, de zombies dans les bas fonds de N-York, et de rites mortels.
Et bien sur on a l'explication sur la disparition de O'Donnel.

Pourquoi j'adore Chattam? (et pas les sushis?) 
D'abord les sushis c'est dégueulasse.
Ensuite, Chattam écrit bien, c'est tout con.
j'aime son style, il y travaille c'est évident, ce n'est pas juste un outil au service d'une histoire.
Ensuite, il est hyper documenté, on sent qu'il ne raconte pas n'importe quoi (il le dit en général en fin de roman, et également sur son site).
Ca fait d'ailleurs super froid dans le dos, on ignore tellement de choses, finalement on est aussi innocent que le nouveau né, ou presque.

Voilà.
Il faut également que je te parle de mes autres lectures : Zadie Smith, lu depuis déjà un moment, sur le conseil de Nicmo et celui en cours: Dalva, de Jim Harrison mais j'attends de l'avoir fini.

Sauf que j'ai déjà envie de lire des trucs sur les Indiens, du coup.

Je vais regarder ça, à l'occasion et à Leclerc.

Par Betty
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Vendredi 10 avril 2009
A y est je me lance.

Elle fit lentement glisser la bretelle de son soutien gorge alors qu'il sortait son gros...

Non, je déconne.

En fait, ça fait un moment que j'avais envie de parler d'une particularité dans les romans de Djian.

Les scènes de cul sont extrêmement courantes, et font vraiment partie du décor.
Dans Sotos, près de la piscine, notamment.
Dans Echine, Dan et Eloise.
Dans 37°2, entre Zorg et Betty.
Et surtout dans Vers chez les blancs, roman dit "pornographique".


Plus récemment, elles se sont vues très réduites dans la série des Doggy Bag, et inexistantes dans Impardonnables, à peine soupçonne-t-on la femme du narrateur de s'envoyer en l'air dans son dos.

Déjà je me demande pourquoi, même si ce n'est pas indispensable, car ça faisait vraiment la spécificité des romans de Djian.
Ca me faisait parfois penser à certaines scènes de Irving, notamment dans Un mariage Poids moyen, où, même nettement plus édulcorées, les scènes restaient suffisamment explicites: adultère consenti par les 4 personnages, et finalement tout le monde ensemble.
Sauf que là, Irving analyse beaucoup plus les sentiments des personnages et l'ambiguité de la relation.

Chez Djian, les sentiments sont présents aussi mais le sexe reste une pulsion, un élan parfois incontrôlables.

Et donc, finalement, il y a une dizaine d'années il a écrit Vers chez les blancs, qu'il a revendiqué comme un roman pornographique.
Et c'est vrai que les scènes porno sont bien léchées (tu vois, je ne peux pas m'en empêcher, Bouvard sors de ce corps, merci).
Dès le départ, on apprend que la femme du narrateur (écrivain) est morte avec ses enfants dans un accident d'avion. La page suivante elle est bien vivante, et propose à son mari la rédaction d'un porno, avec son aide et sa bénédiction pour la tromper (avec la femme de son ami Patrick, écrivain lui aussi).
 Le narrateur est donc dans une sorte de rêve éveillé où probablement il lui faut une overdose de sexe pour soulager sa souffrance.

Du coup on a droit à des scènes hyper torrides: dans la cabine d'essayage feutrée d'un magasin de lingerie, de mémoire, je me souviens n'en avoir JAMAIS lu de pareille...
Et une nuit avec Patrick et trois prostituées japonaises, appelées X , Y et Z.
Cette scène est incroyablement proche de celle de Easton Ellis dans American Psycho, sauf que ça finit moins mal même si je me demandais bien si finalement ils n'allaient pas sortir la scie sauteuse...

D'ailleurs, pour Djian, la filiation avec Ellis et Miller à propos du porno est un compliment.

"La pornographie est un art très difficile. Très minutieux. Seuls les meilleurs sont capable de s'y frotter... Savoir manier l'obscénité est une grâce peu répandue», page 106 («Un écrivain qui a ce don a tous les autres», ajoute-t-il, 59 pages plus loin). L'exercice est réussi, toujours sauvé du pire par le rire. Le diable est dans les détails, ici l'on s'astique à l'imparfait du subjonctif: «Je la suspendit au plafond et la branlai jusqu'à l'os, malgré d'interminables convulsions qui me firent craindre un moment que le crochet ne cédât et que nous ne prissions le toit sur la tête», page 321.
(article de Libé de JB Harang)

Je n'ai personnellement aucune idée de ce qu'est une scène porno réussie.
Enfin, si, pour moi celles de Djian sont réussies, Miller, j'ai eu du mal, et Ellis finissait par couper ses partenaires en morceaux.
Il me semble en tout cas, que le ton détaché de Djian, l'apparente froideur avec laquelle il raconte les ébats de ses partenaires, tout en maniant l'obscénité avec allure, sont des paramètres importants.

Voilà pourquoi je regrette que ces scènes se raréfient. Elles ne sont certes pas indispensables à un roman mais elles apportent une touche d'originalité, elles font un peu la marque de fabrique de Djian.
Ca ne m'a pas empêché d'aimer Impardonnable, et ça ne m'empêchera pas d'aimer les suivants.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.



Par Betty
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Mercredi 11 mars 2009

Je t'ai déjà dit en long en large et en travers que je n'aimais pas la littérature "guimauve", et en particulier Lévy et Musso.

Rien que les titres, ça me donne la nausée.

Mais t'ai je dit que je n'aime pas non plus Amélie Nothomb?

Non?

Ca tombe bien.

J'en ai lu plusieurs et hormis Stupeurs et tremblements, je n'ai pas aimé.

Parfois, quand même, je l'ai admirée pour quelques trucs bien tournés, mais dans l'ensemble, je trouve qu'elle ne se fatigue pas trop.

Un roman par an, qu'on peut lire en 1h30.

Bon.

Et en plus, je ne l'aime pas elle, sa personnalité, son genre  "je suis à part, moi".

Voilà.

Là, je lis un bouquin conseillé par un blogueur SUPER fort, vu qu'il a les mêmes goûts que moi (ou moi, que lui?)
Zadie Smith: White teeth, mais moi je le lis en français: "sourire de loup" (traduc qui déchire) vu qu'en région pour se procurer de la VO faut aller courir dans une des rares librairies étrangères du centre ville...

Alors, je vais bientôt revenir et te raconter autre chose d'incroyable me concernant.
Je peux te dire que ça va être INOUI.

C'est tout.
Tonton Gilbert.


Par Betty
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Dimanche 1 février 2009

Là, les gars, on va causer sérieux.

Si t'as envie de lire des conneries, savoir si j'utilise la crème Truc pour avoir les fesses douces, c'est pas là.
Nan,  attends ici c'est un blog sérieux, on y cause LITTERATURE, tu vois.
En plus, je suis extrêmement douée en critique littéraire, puisque rien de ce que je dis ne s'appuie sur de l'objectif. Je vais pas te causer focalisations ou allégories.
Je vais juste te dire ce que j'ai ressenti...

Tu vois bien.

Bon.

J'ai commencé à lire Djian après avoir vu 37°2.

J'ai guetté ses sorties en librairie, j'ai tout acheté et il m'a fait déroger à la règle de l'étudiant fauché, à savoir que je les achetais en édition standard, et crois moi que 20 euros quand tu travailles à Pim*ie à faire la vendeuse, ça compte.
En plus, par je ne sais quel étrange bizarrerie, t'es tranquille, quand je pointais mon grand nez au rayon bouquin, il venait d'en sortir un.
Y a des trucs qui s'expliquent pas rationnellement, surtout que, je précise, il m'appelait pas juste avant pour me prévenir...
Maintenant non plus d'ailleurs.

Donc, il y a eu la période Bleu comme l'enfer, 37°2,  Zone érogène avec un style que j'adorais.

" Un petit vent doux rentrait par les fenêtres et je crois pas qu'un homme puisse en demander plus dans la vie, j'avais rien mais rien me faisait vraiment envie, la bagnole ronronnait et j'avais même pas encore 34 ans, putain et la sève continuait à grimper en moi, OUI, même pas 34, et j'avais la chance de pouvoir apprécier des moments comme ça, je me démerdais pas mal, j'ai fait un petit signe amical au flic planté sur un carrefour, assommé par le soleil, je lui ai donné ma bénédiction."

C'était la période filles, canettes, écrivain maudit désabusé et torturé, bref, que du bonheur.

Puis les bijoux que sont Echine, Sotos  ( ze best à mon avis), Lent dehors.

Et la trilogie que j'ai aimé moyen, Assassins, Sainte Bob, Criminels, mais les ingrédients étaient là.

Puis Vers chez les blancs. J'ai mis du temps à le saisir, mais I did it, et je l'aime maintenant presque autant que les autres, j'ai compris cette virée vers le porno, sans compter que les scènes sont vraiment torrides...

Plus tard, les Doggy Bag, une parenthèse agréable mais j'attendais le retour au roman.

Donc, Impardonnables.

Acheté hier, fini hier soir. Lointaine époque où lire Echine revenait à en avoir pour plusieurs jours de jouissance.
Mais bon.

"Il m'arrivait de serrer si fort les dents au milieu d'une phrase que la pièce toute entière se mettait à siffler. Hemingway ne racontait pas autre chose. L'herbe ne verdissait pas toute seule. le paysage ne filait pas par la vitre par enchantement."

"A soixante ans, je ne voulais plus entendre parler de certaines choses. J'aspirais à la paix. Je voulais lire des
livres,
écouter de la musique, me promener dans la montagne ou sur la plage de bon matin".

Ca, c'est les passages qu'on aime chez lui.
Mais sinon, j'ai trouvé les 100 premières pages un peu longues, j'ai étouffé un baillement en hochant la tête.
Puis, après, quelques éclairs de plaisir...
Pas assez à mon goût.

Alors j'ai réfléchi.
Et je peux dire que ce n'est pas chose aisée chez moi, pour diverses raisons:
- je suis passablement fausse blonde
- je suis prof de lycée pro
- je suis une sexbomb.

J'ai fait une comparaison musicale (trop forte je suis).
Donc: quand t'as 16 ans tu aimes par exemple U2.
Puis quand tu as 25 ans, tu trouves subitement que leur dernier album ne resemble plus trop à ce que tu avais tant aimé.
Alors tu te dis, c'est normal, ils évoluent / vieillissent / aspirent à autre chose.


Enfin, si tu regardes l'extrait de Zone érogène (là haut, fais tourner la molette j'te dis), et celui de Impardonnables (en bas, refais tourner), plus de 20 ans sont passés.

Alors le style devient plus épuré, plus économe.
Les thèmes abordés, les relations parents enfants, l'entrée dans le 3è âge (ah mon dieu non je peux pas dire ça!) , il dit lui même "le jeune vieillard que je suis", tout ça, fait que sans doute, il faut avancer vers une autre vision de ses bouquins.
J'ai parcouru plusieurs critiques, et souvent revient le fait que c'est un peu invraisemblable.
Bon ça oui, depuis quand il nous sert du roman réaliste?
Mais après, bon, dire que c'est du pur Djian, bof.

Heureusement, quand même, Francis, le narrateur écrivain, revient à l'écriture d'un roman, au moment même où il traverse des épreuves difficiles : disparition organisée de / par sa fille, alors qu'il a déjà perdu son autre fille et leur mère, couple qui part en couille, cancer d'une amie...
Le roman, l'écriture sont toujours là, tapis dans un coin, pour permettre au type de garder le nez hors de l'eau.

Alors je finis mi-figue mi-raisin.
M'ont manqués les emportements ressentis dans Sotos, Vers chez les Blancs, et les vieux romans.
Sont restés le style, les personnages attachants et azimutés de ses romans.
Et, presque intact, le bonheur de le lire.

Sinon, il faut savoir que Monsieur Yann Moix a rédigé une critique pourrie de haine de ce roman et par la même occasion de tous les autres, pour lui, rien d'autre chez Djian que des putes (des putes?? où ça merde je les ai pas vues) et de la bière, j'en passe sur les torrents de conneries qu'il vomit.
Heureusement, lui, a la chance d'avoir à son actif mis en scène Poelvoorde dans Podium...




là pour la mini interview de Djian:

http://culturebox.france3.fr/all/7150/Philippe-Djian-revient-avec-Impardonnables/#/all/7150/Philippe-Djian-revient-avec-Impardonnables/

Bye bye les nazes.
Vous pouvez reprendre le cours normal de vos activités.
Perso, je vais chez G*fi.

Par Betty
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Mercredi 28 janvier 2009



Belbèze (82)  martyrisée!
Belbéze sinistrée!
Mais Belbèze libérée!

Je devrais y aller, là bas.
Rien que le nom, ça fait rêver.

Je suis venue à bout de "Belle du Seigneur".
1110 pages.

Quand même, tu m'admires non?
J'ai décidé à partir de dorénavant de pratiquer l'auto satisfaction et l'auto complimentation.

L'affaire n'était pourtant pas gagnée.
J'ai faibli à la moitié, environ.
Mais une amie agrégée de lettres ( E R V L I A E  -   7 lettres - Pas mieux - Valérie) m'a dit: "'putain mais t'es con faut vraiment aller jusqu'au bout, bordel". Elle parle très mal, telle notre Roselyne, mais enfin elle est titulaire d'un concours inaccessible pour moi qui ne suis qu'une sous prof de lycée pro.

 

Y a Poitrenaud aux zinfos régionales.

Pause plaisir solitaire.

 

.............



 

Donc, j'ai persisté, j'ai bien fait.

 

Y a Lionel Beauxis aux zinfos régionales.

Pas de pause.

 

L'histoire:

 

 Ariane d'Auble, noble mariée à un faible obséquieux égocentrique petit fonctionnaire (redondance) est séduite par Solal, Don Juan sublime et torturé.

C'est surtout lui qui m'a fascinée.
Ariane est moins profondément dépeinte, et puis c'est une femme. La passion vue par les nanas, c'est guimauve et compagnie. Toute façon j'aime pas trop les femmes. Déjà les gens, j'aime pas beaucoup, mais les femmes, pfiou. (ça c'est de l'onomatopée, hein?)
Soit elles conduisent mal, soit elles sont chiantes / capricieuses / méchantes / blogueuses influentes / ministre de la Santé.
Tu vois bien.

Peut être que je suis un homme femmifié?  Pourtant malgré les demandes pressantes de
Nicmo de vérifier que nous n'étions pas frères, j'ai pu constater qu'à l'inverse de lui, je ne suis pas dotée d'un boa de Vincennes, mais par contre j'ai quand même des gros seins (ça c'est pour continuer à provoquer des requêtes consternantes...)
Je suis donc visiblement une femme, mais moins.

Bon, bref.

La première scène nous montre Solal grimé et enlaidi qui tente de séduire Ariane qui n'en veut pas (genre, il ressemble à Paul Préboist), et lors de la véritable scène de drague (enfin là, on dit séduction), il la désire absolument tout en constatant que ce qui plait aux femmes n'est que l'enveloppe extérieure. (ah bon?   toute façon cette phrase est nullissime, on dirait la fiche de lecture d'un boutonneux  de 4è prénommé Dylan, qui kiffe Cindy de 3è2 et qui écrit partout sur sa trousse : OM / jtm / kikoo / biactol).

Bon enfin je te le fais court : il la séduit, éloigne le mari plusieurs semaines et les deux vivent d'amour et d'eau fraiche tout ce temps, en roucoulant comme des perdreaux mais sans oublier de baiser quand même. (même si la coquine avait l'air toute coincée, je te prie de croire que Solal, il a réussi à dégripper la machine).

Bon bien sûr le mari revient, découvre tout et les tourtereaux se barrent loin de Genève. (parce que ça se passe à Genève. Si ça se passait à Jouy en Josette, ils partiraient loin de Jouy en Josette).

Du coup, les voilà qui vivent presque comme un couple légitime.
Et la passion s'affaiblit.
Solal, surtout, finit par ne plus avoir envie d'elle, et les allusions à des détails qui l'agacent se font plus précises.
Plus beaucoup d'introspection d'Ariane, maintenant, mais de Solal, davantage. En 1936, la menace contre les Juifs se précise et Solal a peur.
Il ne supporte plus l'enfermement, leurs rituels pathétiques. Elle l'insupporte, il l'aime quand même, mais il s'emmerde.
Et puis elle a la lumineuse idée de lui avouer un amant avant lui, dans le dos de son mari aussi.
Et là, la flamme se rallume.
Il devient fou de jalousie, la torture de questions, la frappe même.

" du joli, la passion dite amour. Si pas de jalousie, ennui. Si jalousie, enfer bestial.....Ignobles romanciers, bande de menteurs qui embellissaient la passion, en donnant l'envie aux idiots et aux idiotes........Il savait si bien pourquoi elle avait voulu, en toute mauvaise bonne foi, se libérer de ce fameux secret  trop lourd à porter. Ces jours derniers, lorsqu'ils sortaient se promener, il ne trouvait rien à dire, ne parlait pas. Et puis une seule intimité physique depuis son retour, et ensuite plus rien....Alors dans ce petit inconscient la volonté de se revaloriser, de provoquer une jalousie, oh pas trop forte, une petite jalousie de dépit, convenable, policée..."

Et elle, consternée, amoureuse toujours.

La dégradation.
L'éther pour consolation et le suicide pour les deux. Suicide pour ne pas voir la fin de la passion...

Aucun des deux n'aura finalement atteint son idéal.
Elle, parce qu'aveuglée par l'amour, et qui a supporté bien trop.
Lui, parce que trop intelligent, en quête de l'inaccessible, la passion définitive, l'amour dégagé des contraintes sociales, de paraitre (sa meilleure amie est une naine qu'il adore), empêtré dans ses contradictions, car ce n'est pas la naine qu'il vénère mais bien la belle jeune femme...

Impossible de rendre hommage à la profondeur des personnages de Cohen.

Je pense qu'il faut le lire. C'est l'anti roman d'amour.

En plus, si t'es pas content de cette "critique ", ne perds pas de vue que je ne suis qu'une sous prof, pourtant dotée d'un QI très élevé, mais non point spécialiste ès littérature non plus.
Toute façon, tu sais ce que je te dis.


Faudrait voir à vérifier que mes paupiettes de veau n'ont pas accroché à la cocotte.
Glamour le retour.



Par Betty
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Jeudi 15 janvier 2009

" Je donnerais dix mille vies pour la vie de Richard Brautigan. J'essaie de vous dire ça en vous regardant en face. Vingt mille. Au fond je ne m'écoeure pas du tout. Il en tombe des centaines de milliers tous les jours. Est ce qu'on pense à ses millions de lecteurs, à ces réservoirs de sang neuf qu'étaient Mémoires sauvées du vent ou la Vengeance de la pelouse? Quelqu'un essaierait-il de venir m'arracher des mains Tokyo Montana Express?"

                                                                                                                                         Ph. Djian

 

 

Les mots du héros dans une nouvelle de Crocodiles.


Est ce que toi, qui bien malheureusement n'est que rarement sensible à la beauté, sauf la mienne qui t'étourdit et te laisse pantois, tu n'es pas SAISI (et je pèse mes mots) par cette dernière phrase: "quelqu'un essaierait il de venir m'arracher Tokyo montana express?"

Cette phrase, là, et ben elle me donne le tournis (moins que des tonneaux de bière mais quand même).
J'aimerais l'avoir écrite.
Je la trouve tellement....convaincue.

Je sais pas expliquer.

Bref.

Donc, j'ai relu
Mémoires sauvées du vent.
Bien sûr que j'ai bien fait, bien sûr qu'il a bien fait de me conseiller en 4è de couverture de le relire, (t'es fou ou quoi.)

Bien sûr que le gars faisait partie de la Beat Generation, comme Kerouac, Faulkner, Hemingway (tiens tiens, noms récurrents on dirait.)

Le style est curieux: concis, avec des interjections à l'adresse du lecteur.
L'histoire est simple, un gamin pauvre, pêcheur (et pas  pauvre pécheur, amen), la perte de l'innocence, et pourtant de l'humour parfois, de la sensibilité dans les descriptions, enfin bref, c'est comme une nouvelle, vite lu, et quand t'as fini, tu te souviens du leitmotiv du roman:


                                                                               
Mémoires sauvées du vent
                                                                                    Poussières d'Amérique

Si bien que quand t'as fini, et ben t'es nostalgique, presque tu vois les paysages qu'il voyait, tu ressens sa mélancolie, tu deviens l'homme qui se souvient de ses 12 ans.

Ca fait un peu comme On the road, t'as aussi l'impression de traverser les USA de part en part. (sauf que au bout d'un moment j'en ai eu marre de faire ouest-est et l'inverse alors j'ai arrêté ma lecture et je m'en excuse auprès de Philippe, après tout, on peut pas toujours être d'accord).

Mais bon on est d'accord sur Brautigan et aussi sur Fante, alors bon.
Alors que Céline, par exemple, je peux pas m'y résoudre.


Sinon, je lis en ce moment
 Belle du seigneur.
1200 pages
J'ai fait la moitié du chemin...
Le portrait des petits fonctionnaires est hilarant.
Le portrait d'Ariane, l'amoureuse de son Solal, si véridique que je me demande comment un homme a pu pénétrer le cerveau féminin (lol)  avec tant de finesse, incroyable! (Ariane qui se tortille dans tous les sens devant le miroir pour savoir la tête qu'elle a quand elle embrasse son amoureux, qui louche pour se voir, qui ferme à demi les yeux pour savoir si elle est belle à ce moment là ou si elle doit revoir la position, le regard...on  dirait moi, ou n'importe quelle fille d'ailleurs...)
Ariane qui lit les télégrammes de son amoureux tout doucement, sans précipitation, afin de prolonger le plaisir de la lecture, et qui le relit ensuite 10, 20 fois, une fois lentement et en entier, d'autres fois par bribes, ou bien qui attend et procrastine pour le relire une fois au chaud dans son lit.

Non mais attends, j'te jure on dirait MOI, ou toute pintade moderne!
Sauf que celui qui a conçu cette fille un peu nunuche est un HOMME.
Et il a conçu aussi l'amoureux fou d'Ariane, qui parallèlement à son amour arrive à juger Ariane, et à la trouver pathétique lorsqu'elle fait mine de s'évanouir pendant leurs disputes...

Bref, c'est bien mais c'est long.

Tellement long que je lorgne vers Impardonnable, le dernier Djian qui sort aujourd'hui.
J'aime pas abandonner un livre, mais 1200 pages et le nouveau de Philippe, merde quoi.
Mais je suis fauchée, Noël m'a tuer.
Enfin, on va bien voir...



Sinon, laisse moi te narrer mon aventure du matin.
En revenant d'Inte*marché, (moins cher que leclerc mais plus loin, mais moins cher), mon auto pleine de denrées onéreuses et encore j'avais pas besoin de fruits et légumes, ni de viande (je me suis arrêtée à la boutique BIO du coin et j'ai crié en voyant Aline  les prix), donc en revenant d'Inte*, voilà que j'entends un effroyable bruit au dessus de ma tête comme si quelqu'un avait mis en route un aspirateur géant, alors je lève le nez et je regarde par le toit qui est transparent et panoramique dans ma voiture de luxe, et là je vois un avion ENORME qui se posait sur moi.
En fait, il a changé d'avis et est allé se poser sur la piste que je longeais.
Putain, heureusement , je venais d'en avoir pour 130 euros de courses alors que c'est les soldes.

T'imagines.

Par Betty
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Samedi 20 décembre 2008
C'est un bouquin de Lydie Salvayre.

Je l'ai pris au CDI, car cette année nous avons deux nouvelles documentalistes QUI CONSEILLENT les gens.
Avant, c'était pas comme ça.
L'une des anciennes est décédée, on ne peut pas le lui reprocher, et l'autre a muté.

Bref.

Donc, ça parle d'une mère et sa fille qui recoivent la visite d'un huissier venu répertorier ce qu'il va pouvoir emporter.

La mère est assez barrée, elle ne cesse de parler du maréchal Putain, de 1943, de Darnand, Bousquet and co, car elle vit dans le souvenir de l'assassinat de son frère en 43 par deux jeunes, en représailles à l'engagement de la mère de cette femme et de son frère contre l'occupation, les dénonciations et toutes  ces joyeusetés.
Elle prend l'huissier pour un milicien et raconte sa vie, ses délires, et sa fille complète les blancs sous les yeux d'un huissier silencieux et zélé.

Pas de ponctuation de dialogue, ni guillemets, ni tirets, on sait juste qu'on change de personnage avec des expressions comme "ma mère poursuivit" ou "dis je à l'huissier".

D'un chapitre à l'autre, on glisse : des petits points et la suite au prochain épisode.

Ca parait dur à lire au début mais on s'habitue.
Et on finit par trouver ça super bien fait.

Ca donne l'impression d'une unité de temps correspondant au temps de la lecture.
On se retrouve dans l'appart, on a l'impression d'être spectateur de ce huis clos.

C'est presque une pièce de théâtre, enfin, en lisant, on VOIT les personnages jouer leur truc.

En plus, c'est assez hilarant, et atroce à la fois.
J'ai appris plein de nouveux mots, parce que le vocabulaire employé est loin d'être simple: les deux figures principales se nourrissent exclusivement d' "anciens" : Pétrarque, Sophocle, Pline l'ancien et le jeune aussi (mais qui est quand même pas hyper récent -époque BHL je crois).
Genre de nouveau mot : paralipomènes.

Ben oui, Henri (je sais que tu voudrais réussir ta vie mais si tu comprends pas ce mot, on est mal, Henri, on est mal).

Lydie Salvayre se trouvait à Montauban récemment, et elle a rencontré des collègues et des élèves.
Elle a confié que dans ses romans les personnages un peu azimutés détenaient souvent la sagesse et la vérité.
Ca, c'est assez clair.

Donc, pour illustrer mon propos, je vais tenter une expérience.
Comment savoir si les gens qui nous entourent détiennent la sagesse et la vérité? sont ils donc azimutés?

Exemple numéro 1.

Prenons quelqu'un qui nous gouverne.
Mr C*pé par exemple. (par exemple, c'est vraiment au hasard, parce que je pense à lui, là, à cette heure matinale et pourtant je n'ai pas trop bu de café, mais sans doute ai je fait un rêve où il apparaissait sous sa forme la plus commune: une tête de gland).
Prenons le journal de France 3, un jour de semaine, à midi.
Prenons un centre de rétention à Mayotte, où s'entassent 220 bonhommes comoriens dans une salle prévue pour 60, où des enfants dorment dans des toilettes immondes et où on évite de parler de la nourriture.
Prenons Mr C*pé (c'est une image), devant ce reportage. Le journaliste lui demande "n'y a t-il pas urgence humanitaire?"
"si ces images sont véritables ce dont je n'ai pas de raison de douter (ben non, mais mieux vaut le dire Jeff), en effet il ya urgence" minaude le bougre.
Ah? demande habilement le journaliste.
"hola oui, et bien que je fus d'accord avec la politique du gouvernement, qu'il nous sort, je pense qu'il est urgent de s'intéresser à ce centre de détention, pardon, de rétention et d'agir en conséquence".
Ouf, l'expérience est concluante.

Mr C*pé n'est pas fou.
Il ne doute PAS que ceci existe; ne fait pas de lapsus.
Mr C*pé SAIT que ces gens là bas, sont des êtres humains (alors que moi, je me disais, bon, des comoriens, hein, bon, vous voyez ce que je veux dire. Non? pas grave, allez lire un blog influent).
Mr C*pé est érudit, il nous gouverne, t'as qu'à voir.
Il n'est pas azimuté.
Mme Salvayre a donc raison.
CQFD.

Exemple numéro 2.

http://www.marianne2.fr/index.php?action=article&id%20article=808661

Il convient tout d'abord de regarder cette vidéo.

Puis d'en tirer les conclusions qui s'imposent.

L'on pourra constater, au 1er visionnage que l'homme dont on parle est secoué de tics.
Au second, l'on s'apercevra que son discours est assez trouble.
Au 3è; l'on comprendra que l'on n'a rien compris et lui non plus.
Enfin, l'on fera tourner cette vidéo comme une bonne blague présidentielle...

Donc, Mme Salvayre a tort.
Les gens azimutés ne détiennent pas toujours la sagesse et la vérité.

Elle a donc tort ET raison (c'est malin, on n'est pas plus avancé maintenant)
Par contre, l'on a bien saisi que notre gouvernement est constitué de gens dont la santé mentale vacille ( de Koch)..
 
CQFD mes chéris.
Par Betty
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