Educ' Nat

Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 15:53
La première de la journée, disons.

Je monte l'escalier, chargée d'un cartable plein de savoir et de feutres pour tableaux blancs qui ne marchent plus.
J'arrive dans le couloir, et j'aperçois la horde devant ma salle. (la 105).

Je m'approche et je les vois qui soupirent, qui crient, qui s'arrachent les tifs, qui remontent leur froc pendouillant sur leur calbut "pull-in" à 40 euros pièce et d'une mocheté assez incomparable.
Tout ça parce que JE SUIS LA.

"vous êtes là, Madame"?, qu'ils me disent.
"Bah non gros malin tu vois bien que je suis le proviseur."

Déçus, ils sont.
Je fouille mon sac à la recherche de LA CLE.
Qui se cache, bien sûr.
Pendant ce temps ils me marchent dessus sans complexe, parce que même s'ils sont déçus de me voir, ils sont quand même pressés de rentrer. (logique).

J'ouvre, j'entre et ils envahissent le territoire comme une horde de dégénérés hurlante et rigolante.

Je m'asseois, j'allume le PC et entre 56 codes afin de faire l'appel.
Mon pauvre, si tu crois qu'on fait encore l'appel sur un bout de papier que les surveillants viennent chercher pendant le cours, papier que tu pourrais accrocher à la porte, ce que tu ne fais jamais car l'arrivée du surveillant te permet de gratter quelques secondes de répit, alors tu tombes de la lune car maintenant on a PRONOTE.
C'est un logiciel qui permet de faire l'appel en réseau ainsi tu vois ce qu'ils ont fabriqué à l'heure d'avant et la vie scolaire en prend connaissance en temps réel.

"Sortez vos cahiers" je leur dis avec une autorité qui m'épate moi même.
Oui, il faut leur dire car pendant les 5 minutes de bidouillage informatique, ils n'en ont rien fait, au cas où tu leur annoncerais triomphante "les gars today c'est branlage, j'ai décidé qu'on ne faisait rien" (LOL).

Puis tu leur signales qu'en plus du cahier va falloir attraper le livre.
Par exemple pour CORRIGER un exercice donné la fois d'avant.

Stupéfaction.

"Hein quoi y avait du boulot?"
"Yes y avait du boulot".
"Ah mais nan c'est pas possible je l'ai noté nulle part"
"Si John Peter, je t'assure que si."

Tollé général.
La prof c'est rien qu'une grosse menteuse, d'où elle nous aurait donné un truc à faire?
Après vérification, il se trouve que si, si, j'avais bien donné un truc.
Je controle.
4 sur 24 l'ont fait.
Travail supplémentaire à tous les autres. Certains continuent à jurer que c'est MEME PAS VRAI.
J'imperturbable et on corrige.

Puis on attaque une nouvelle leçon.
Enfin on dit pas leçon mais "séquence", et on leur annonce la "tâche finale" (nouveau jargon découvert last week en stage)
 Attention, accroche toi Eloi,  voici :

 "Vous êtes étudiant à Londres et vos parents vont venir vous rendre visite. Vous préparez un petit programme pour leur faire visiter la ville".

C'est beau comme une chanson de Carla B.

Tout ça pour dire qu'on va réviser l'impératif, le conseil et les prépositions de lieu...

Alors comme je suis une prof drôlement imaginative je fais un petit "brainstorming".
J'écris en GROS et en rouge le mot "London" au tableau et je leur demande "what do you think of when I say London"?
(puis je traduis au bout de 12 minutes vu qu'ils ont rien entravé à ma question).

Bon t'as compris faut me dire tout ce qui leur passe par la tête à ce sujet : monuments, gens, et tout ça.
Alors j'ai droit à "Central Park", "Harlem" (parait que c'est un resto à la mode, Hard Rock Café que je lui dis, non, plutot? Il m' a regardé comme si j'étais débile).
Puis j'essaie de faire sortir le nom de Gordon Brown.
Pendant la période du sommet de Copenhague ça me parait pas trop demander...
Bon ça sort pas.
Alors comme ça, à tout hasard, je demande "vous savez quand même qui est le 1er ministre français"?

T'es prêt, Roger?


Tadaaaaaam.


Jean Sarkozy.
Et oui.
Et un autre de dire "mais non t'es con il est ministre de l'Intérieur."

Je me suis cachée sous le bureau quelques minutes comme les oiseaux mais je ne suis pas morte, j'ai juste pleuré.

Bref.
Peu à peu on arrive à faire une jolie toile au tableau pleine de noms chantants comme "Westminster, Big Ben, Thames" etc.

Je leur fais recopier afin d'avoir la paix 10 minutes et éventuellement, si j' arrive à orienter l'écran comme il faut, à consulter mes mails.
Oui je sais c'est moche (bouh).

Mais ça fait déjà 10 minutes que je regarde l'heure hein.

Puis comme je suis" a new technology girl" depuis pas longtemps, je lance l'activité suivante (merci les stages): visionnage d'un podcast sur Londres et ses principaux monuments (merci Youtube).

Je vais chercher la télécommande du vidéoprojecteur accroché au plafond (pas la télécommande) (le vidéo) pendant que John Peter distribue la feuille de "compréhension orale", après avoir remonté son jean sur son calbut voir plus haut.

Je cherche la vidéo préalablement enregistrée dans "mes favoris" (je suis maligne).
Je ferme les stores.
J'allume le vidéo.
Il me projette une lueur bleue sur le tableau blanc.
C'est pas normal.
Je prends l'air dégagé et vérifie les branchements.
RAS.
J'attends en faisant des blagues à 2 balles mais rien ne vient.
Un élève vole à mon  secours, il tripote les fils, branche et rebranche, je souris bêtement.

J'appelle Sophie sur son portable pendant que les dingues ricanent.
Sophie, son travail c'est  de se faire emmerder toute la journée par les profs qui savent pas se servir de Pronote, de leur ordi, de leur vidéo...
Comme elle est mignonne elle me dirige un peu par téléphone. Mais aucun changement, l'encéphalogramme est plat, comme celui de ma classe de 2pro VENTE.
Elle me dit "je vais venir, t'en as besoin pour quand"?
Je m'étrangle "de suite, en fait".

Bon, comme elle était à l'autre bout du lycée j'ai un peu senti que c'était mort pour le coup.
J'éteins tout, je leur dis "bon, les jeunes, c'est pas grave hein, on va faire autre chose" alors que je sais parfaitement que je n'ai pas la moindre idée de ce que je vais leur pondre.

Et ça sonne.

Sauvée par le gong.

Ah non, y a la classe suivante qui arrive.

"Bonjour, Madame, vous êtes là aujourd'hui?"
"Non, gros malin, tu vois pas que c'est ta soeur"?





Par Betty - Publié dans : Educ' Nat - Communauté : Le plus beau métier du monde
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 20:45
Que je fous rien, les doigts de pied en éventail?
Que je suis sur mon canapé à  bouquiner le dernier Ellory?

Vous voulez vraiment savoir à quoi ressemble ma vie?

- Je n'ai fait aucun cadeau de Noel.
- Le soir je m'endors comme une vache sur mon canapé.

Et surtout:

Je suis en stage "nouveaux programmes des Bac Pro 3 ans".

Je constate que tous mes cours ne valent plus rien, c'est de la merde.

Je voudrais mourir, ou que quelqu'un me prépare des cours tout neufs et que mon inspectrice aux cheveux roses vienne me voir et me dise que je suis au 28è échelon de la Hors Classe et que je suis un génie.

On dirait que la première hypothèse est plus probable.

Je n'ai pas le temps de vous lire, et encore moins de commenter.

Je m'allèche (?) en parcourant en diagonale vos écrits, et je pars car sinon c'est comme un gâteau au chocolat, je ne résiste pas.

Je vous laisse je vais télécharger les "nouveaux programmes" que tout le monde avait en sa possession today, sauf moi.

La tehon.

Bye, à la revoyure.
Par Betty - Publié dans : Educ' Nat - Communauté : Le plus beau métier du monde
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 14:40
Je suis au bord du gaz.

Au bord du précipice.

Ca s'arrange pas mes amis, oh que non.

J'envisage sérieusement de plastiquer certaines voitures de vrais cons mais je sais pas faire, en fait.

D'abord, vous vous rappelez de X, le vrai casse-c....?
Bon.
Juste avant les vacances de Toussaint, je rentre chez moi, seule avec lui dans sa Laguna bleu clair (lol).
Il me demande ce que j'ai prévu pour les vacances.
Londres que je lui dis.

..............................

Un quart de seconde de stupéfaction.
"Battu" qu'il me fait. (authentique, la réponse, estampillée MGEN).
Lui n'allait qu'à Paris, donc forcément ça le fait un peu moins....

A la rentrée, je repars avec lui, comme un mardi sur deux.

Il me hurle dans les oreilles "va falloir que tu me tuyautes pour Londres parce que l'an prochain on y va, les filles me tannent avec ça (les filles = ses filles)."

Menteur.
T'as été tellement mortifié....

Sinon, on m' a laissé en plan un matin à 8h.
Sur le parking du covoiturage.

Mon chauffeur et l'autre passagère étaient arrivées en avance.
Comme souvent le vendredi je ne suis pas venue (en ayant pris soin de PREVENIR), ne me voyant pas genre, à 7h50 (le rendez  vous étant à 8h...), elles se sont barrées.
A 8h01 je suis arrivée.
Nobody.
Mon intelligence supérieure m'a soufflé qu'elles étaient parties, mais j'ai appelé "je suis là, t'arrives bientôt?"
 (fourbe que je suis...)

J'ai pris l'autoroute à 8h25 pour être en cours à 8h 55, parce qu'à cette heure ci c'est le bordel.
Il faut savoir que c'est tellement grisant de partir EN AVANCE....
So exciting...
En arrivant au lycée 25 minutes en avance, on a le temps de se préparer psychologiquement, faire ses tirages, faire pipi, regarder dans son casier 14 fois, et prendre le sacro saint café.
Maintenant dans le covoiturage ça devient la tendance: si t'arrives à l'heure, on te lance des regards noirs...

BANDE D'ABRUTIS.

Et à part ça, le mardi matin j'ai intégré une nouvelle voiture : pintades en puissance.
Elles se regardent, disent un truc débile et hurlent de rire en se regardant réciproquement la luette (gentille aluette).

Et ma nouvelle conductrice de me demander "et toi, tu enseignes au lycée général?". Comme si, ne m'ayant jamais vue, ça ne pouvait être autrement.
Non connasse, j'éduque des primates du LP, je leur lance des cacahuètes et si en fin d'année ils les rattrapent directement avec leur bouche, alors j'ai une prime.

"Haaaaaan qu'elle me fait.
C'est pas trop dur?"

-Bah si j'ai 8 classes, c'est un peu chaud.

"8 classes!!!!!!! " qu'elles s'exclament les deux gourdasses.
Et là, question existencielle "mais comment tu te souviens de leur nom  à tous???"

Bah parce que je suis une bonne prof MOI.
Et que nous, au pays des primates on les aime bien nos élèves, on marche à l'affectif, alors avant de leur adresser la parole on évite de regarder le trombinoscope.

On le garde juste pour les soirées entre amis spéciales "foutage de gueule".
Je parle des trombi de profs, of course.

Bisous les loulous.
Par Betty - Publié dans : Educ' Nat - Communauté : Encore plus d'humour
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /2009 11:32


Ah j’en vois déjà dont le flanc frémissant se couvre d’une fine pellicule de sueur, je sens l’excitation qui vous gagne, comme la montagne.

J’en vois qui attrapent une cigarette pour mieux savourer la joie d’un nouvel article sur les profs, même si à eux, je dis, le tabac c’est MAL, j’en veux pour preuve le compliment qui m’a été fait récemment par Valou : « depuis que tu fumes plus, t’as le poil brillant ».

Ah que oui, trois semaines sans tabac et voici que ma peau déjà parfaite devient plus lisse encore, sans parler de ma toison capillaire qui envoie des signaux au soleil et je te parle même pas de ma foufe.

 

 

Bref, tout ça pour dire, dans un langage plus courant (ce qu’il faut pour vous, gens de la plèbe) : vous êtes contints, hin ? ça vous fait plizir, hin ?).

Mon Dieu qu’est ce qu’il ne faut pas faire pour se faire comprendre de ses lecteurs.

 

 

Donc, je m’en vais vous entretenir de mon quotidien voyagesque pour me rendre sur les lieux.

(point besoin de préciser quels lieux, pas d’aisance en tout cas, même si la plupart du temps c’est à chier).

 

C’est le COVOITURAGE.

Du latin covoiturere, qui signifie : supporter la promiscuité avec des profs dans un espace clos avant même d’être dans l’antre du savoir.

 

Ce covoiturage existe depuis de nombreuses années dans mon lycée afin de transporter depuis Toulouse jusqu’à la belle cité de Montauban des hordes de profs.

 

C’est simple : il y a un point de rendez vous, sur un parking, chacun doit avoir sa voiture, et chacun conduit en général une fois par semaine, et paie les frais lorsqu’il conduit, d’essence et d’autoroute.

On se donne rendez vous une heure avant le début du cours, on monte dans la voiture du chauffeur, et en avant.

Le soir on se retrouve au lycée avec son chauffeur attitré qui nous ramène au point de rendez vous.

Il y a en général au moins un départ à toutes les heures, ainsi qu’un retour.

Quand on a un changement d’emploi du temps, il suffit de regarder sur le planning s’il y a une place dans une autre voiture.

 

Voilà, t’as compris ?

 

Bon.

 

Ca c’est le côté technique.

Mais il ne faut pas oublier le côté humain.

La promiscuité.

Dès 7 h du matin.

Non, je te vois venir, ce n’est pas un problème d’hygiène, le prof sent bon le matin (c’est le soir que ça se gâte).

Ce qui est plus difficile ce sont les conversations.

 

Ben oui.

Parce que de nombreux co-voitureurs arguent que le cov, c’est bien parce que le temps passe plus vite quand on discute.

 

Oui mais quid des tombes du matin ? De ceux pour qui le silence est une valeur sûre, surtout quand on a pas envie d’entendre ou de dire des conneries ?

Moi, par exemple , ce que j’aime le matin c’est être seule et mettre la musique à fond et utiliser toute mon énergie à ne pas penser.

Et le soir, j’aime mettre la musique à fond et utiliser toute mon énergie à ne plus penser à la journée, eût elle été de merde, ou pas.

 

C’est ennuyeux.

 

Parce que tu dois quand même te taper les conversations.

Alors il existe plusieurs solutions :

Sourire poliment en montant dans la voiture,  se caler dans un coin et s’endormir.

Inconvénient : mieux vaut que ce soit tôt le matin, qu’il fasse nuit et qu’il y ait d’autres passagers pour parler au chauffeur sinon c’est pas très sympa.

 

Ou : participer au début à une conversation et y mettre fin brutalement en étant très désagréable, et tourner la tête pour bouder. Exemple : 
 
X : Dis donc Betty, tes parents sont en Egypte, ça se passe bien ?

 Moi:
    
Ah bah oui, ça va, ils s’éclatent, les deux, aujourd’hui ils sont au Caire, et moi je vais à Montauban » (HUMOUR).

Y : bof tu sais, c’est bien l’Egypte mais il y tellement de monde sur ces sites, finalement on n’a pas à regretter grand-chose.

Moi :  oui excuse moi, je me suis saignée pour leur offrir un voyage là bas, à eux, ouvriers retraités, mais c’est tellement SURFAIT l’Egypte, ANDOUILLE!  (vers la fin je n’ai fait que penser le mot..)


Y
 : euh oui, bien sûr, c’est vrai, d’ailleurs si on veut les voir en vrai ces lieux célèbres, on est obligés d’y aller hein (sic).

Moi : ............

 

J’ai ensuite ruminé dans un coin et personne m’a parlé.

J’ai un naturel un peu ombrageux.

 

Sinon voici le type d’autre conversation que tu peux ouïr.

Toujours la même voiture, toujours la même personne, Y.

 

Y, à X qui vient de déménager : « alors c’est super tu dois drôlement profiter de l’Utopia maintenant ?  »

L’Utopia c’est un cinéma qui passe un peu des films d’auteur mais desfois non, et c’est vachement plus tendance d’aller à l’utopia, un prof ne dit pas, par exemple, tiens, hier soir chui allé au CGR voir le dernier Pixar avec mes gosses, mais « je suis allé à l’Utopia voir un film d’animation roumain magnifique ».

 

Tu comprends le prof se doit d’être cultivé. Et de nous souler avec ça.

Alors que nous on aimerait bien faire des blagues de cul, mais disons qu’à l’Utopia, ça se fait pas trop.

 

 

Les autres joyeusetés du covoiturage sont les « voitures de la mort ».

Je t’explique.

 

T’as la voiture de la mort au sens propre. Parce que t’as toujours un ou deux chauffeurs, qui prônent le 160 sur l’autoroute, et à chaque fois que tu montes avec eux tu penses à tes enfants à qui tu vas tellement manquer, et tu te dis qu’après ta mort, ton mari pensera même pas à nettoyer de temps les chambranles de portes (et les portes).

 

Mais tu as aussi les voitures de profs d’ELECTRONIQUE.

Normalement si tu connaissais les profs d’électronique tu tremblerais, tu gémirais telle une bête blessée.

Mais tu ne les connais pas.

Ce sont des aliens.

Ils parlent d’électronique tout le temps. Du départ, jusqu’à l’arrivée. Ils sont systématiquement en retard le soir, si c’est l’un deux qui te ramène. Je suppose que l’an dernier j’ai dû être punie pour quelque chose car je rentrais à 17h avec une voiture pleine de profs d’électronique.

Une fois, j’ai attendu 20 minutes sous la pluie leur arrivée, près de la voiture (une 405 break ancien modèle). Quand ils sont arrivés ils m’ont dit qu’ils attendaient que la pluie se calme avant de traverser la cour.

 

Et donc, ensuite ils parlent d’électronique, mais avant de commencer ils innovent dans le trajet pour sortir de la ville…

Toute l’année (je JURE que c’est vrai, ce sont de grands malades), ils ont essayé plusieurs itinéraires pour éviter les 300 m d’embouteillages qu’il y a  à 17h.

Ils ont essayé de gagner du temps (environ 2 minutes), en contrôlant sur leur CHRONO.

J’ai eu envie de pleurer souvent, car après ça il fallait que j’endure des discours sur l’électronique auxquels je n’entravais rien, et j’avais même pas un complice à qui faire des clins d’œil.

 

Tu as aussi les voitures de VRAIS CASSE -C....
Tu sais, le gars qui est pris en exemple par l’opinion publique.

LE prof, LE vrai, celui que les gens n’aiment pas.

A côté, les autres profs tu as de la tendresse pour eux, même les profs d’électronique, tu vois.

 

Exemple :

      -          X : tiens à la Toussaint, je pars en famille à Paris. On a loué un truc, pas cher. On va visiter TOUT, mais ça revient pas cher parce que j’ai plein de bons plans.

             -  Y (tout admiratif)  : ah dis donc super, alors, quelle chance. Tu pars à toutes les vacances.


       -
   
x:  oui et en plus, on ira à Disney, mais attention hein, pas pour Halloween avec tous les blaireaux, non, nous on y va AVANT et en plus on a les « fastpass » donc on attendra jamais.

 
-
   
Moi : t’es sur que t’attendras pas, même avec les fastpass ? parce que c’est pas aussi simple que ça.


-
     
Bah non, je suis pas un blaireau, je sais me démerder, je l’ai déjà fait.

 

Arrivée au péage : prise du ticket (tiens, le CASSE- C........n’a pas de badge, serait il un blaireau ?)

Au niveau de la bretelle d’accès, petit bouchon.

Le bonhomme commence à pester (c’est aussi un vrai toulousain).

Il attend 46 secondes.

Il passe entre les bornes et repart dans l’autre sens, au péage de sortie.

Fier de lui il dit à Mr Péage : « c’est pour un passage gratuit , y a un bouchon, alors j’attends pas, je ressors de suite  lol méla mdr ».

Mr Péage est pas content : c’est interdit de faire ça, d’ailleurs ça bouchonne déjà plus.

Le casse - c..... lui dit " oui mais moi j’ai quand même attendu 5 minutes » (han)

Il nous laisse partir.

 

Y : (tout compatissant) dit « ah ben il était pas aimable, hein »


X
 : « c’est même pas ça, il est malheureux c’est tout, ce blaireau ce pauvre homme.."


Moi
 : en même temps t’avais pas le droit de faire ça, il va pas te féliciter, et puis vu son boulot de merde, on va pas non plus l’engueuler.


Y
 :ah ben je suis désolée je connais plein de boulot de merde où les gens sont aimables.


Moi 
: par exemple ?


Y
 : ben les caissières.


Moi
 : ……

 

Finalement, une fois dans l’autre sens, le Casse- c...... s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de rond point (faut croire qu’il n’était jamais passé par là avant…le blaireau) , et il a fallu reprendre la route VERS Montauban pour attraper une sortie et repartir sur les 4 voies, reprendre un ticket et se RETAPER le ralentissement dû à quelques travaux (temps d’attente, 2 minutes).

 

Puis on s’est cogné ses bons plans anti – blaireaux : comment il va au ski (je supporte pas cette histoire de ski), pour PAS cher, comment il est heureux, comment ses enfants ils sont heureux, et comment il fait des affaires, et comment il est trop fort (pas pour gagner du temps par contre.)

 

 

Tu vois le covoiturage c’est sympa.

Tu fais des économies d’essence, de péage, d’énergie.

Mais psychologiquement, t’es mort…

 

 

 

 

 

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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /2009 20:47
Oui, les aminches, j'ai une question (I've got a question).

Pourquoi, lorsque je parle des élèves, des profs, du lycée, j'ai PLEIN de commentaires?

Pourquoi, lorsque je parle de musique, littérature, que je partage avec vous des pensées profondes (oh oui) et intellectuelles, y a plus personne?

POURQUOI?

Voyez vous, je suis déçue, les gens, DECUE.

C'est tout.

Mais je vous prépare quand même une note sur le COVOITURAGE.

J'entends le covoiturage de profs.
Une intense concentration d'enseignants dans un espace réduit, avec les conversations qui vont avec.

Ah ça, là, bien sûr ça frétille de l'ovaire, mesdames, ça zigounipiloupiloute à tout va, messieurs.

Ben va falloir attendre, rapport que j'ai du travail, c'est comme ça (et c'est incroyable).
Par Betty - Publié dans : Educ' Nat - Communauté : Encore plus d'humour
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 20:59
Le 7 octobre il y a enfin une grève.

Mais le 7 octobre c'est un MERCREDI.

Mais kessecékeça? de qui se moque-t-on?

Maintenant on va finir par croire que les profs veulent pas faire sauter leurs cours.



SANS DECONNER.

J'en suis malade, littéralement.
Par Betty - Publié dans : Educ' Nat - Communauté : Le plus beau métier du monde
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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /2009 15:49

Lundi 31 août,

17h48 :

 Je reçois un mail assourdissant de majuscules et de points d'exclamation (comme ça : LE SCOOP !!!!!!! ON RENTRE QUE LUNDI !!!!!!!!!! LA COMMISSION DE SECURITE N'AUTORISE PAS L'OUVERTURE DU LYCEE!!!!!!.

 Je crie, je hurle et je fais un peu pipi dans ma culotte.

Puis, j'appelle l'auteure du mail qui me confirme : le lycée est un vrai chantier, et la commission de sécurité ne veut pas entendre parler d'ouverture because l'alarme incendie ne fonctionne pas et les détecteurs de fumée non plus, mais la pré-rentrée est maintenue pour le personnel le 1er.

Le proviseur fait paraître un article dans la presse et une annonce aux infos régionales.

Je m'arrache les cheveux de joie (faudra que je pense à faire des implants).


Mardi 1er septembre,

   8h42 : j'entre dans le bâtiment rénové. Je suis drôlement guillerette. Les tableaux sont empilés par terre dans le hall d'entrée, les extincteurs posés au sol. C'est marrant.

Je monte dans ma salle : une télé de 1974 est posée sur une table, une armoire vide traîne dans une allée, des caisses à outils sont abandonnées sur le bureau et des cartons destinés à la salle "lettres -histoire" sont en vrac sur le sol.
Ah oui, y a pas de tableau, normal ils sont en bas.

9h00 : le proviseur -philosophe annonce le report de la rentrée du LP ; les profs du LP applaudissent, ceux du lycée nous huent.
Je les emmerde.
S'ensuit un discours qui me berce d'une langueur monotone et je raconte mes vacances à Laurent qui revient de Corse (salaud de fonctionnaire).

12h00 : on va manger au resto en critiquant la nouvelle proviseur adjointe.

14h 00 : début des réunions pédagogiques. On cherche nos collègues et on essaie de ne pas tomber sur les cartons, c'est super rigolo.

17h 00: je me casse, à lundi les nazes!

Mercredi 2 septembre

11h : je reçois un mail intitulé "rentrée URGENT".
Ca m'inquiète alors avant de le lire je m'envoie un pshitt de "RESCUE" , Fleurs de Bach, un truc pour les émotions fortes.
 "La commission de sécurité se réunit ce jour à 11h. Si l'avis est favorable la rentrée aura lieu selon le calendrier suivant: jeudi, rentrée des internes à 8h et des élèves avec leur prof principal à 14h, début de l'emploi du temps normal vendredi 8h"

Je me refais un pschitt.
Je m'étrangle.

15h37 : réponse définitive, la commission de sécurité a donné son accord.
Le lycée prévient les élèves par téléphone : "venez demain, en fait".
Hélas, les moyens de communication étant fort peu développés à notre époque, par malheur plein d'élèves n'ont pas eu l'info (oh ben mince alors, mince!!).
Je me dis, on est pas rendus, ah ça non, on est pas rendus.

Jeudi 3 septembre:
je décide de partir au lycée après la rentrée de mes nains afin de vérifier ma salle, faire des photocopies, récupérer ma clé et tout le bordel.

8h20 : je m'engage sur l'autoroute, ignorant superbement l'annonce "bouchon sur l'A62".

8h22 : les voitures sont à l'arrêt, et Radio Trafic me dit qu'un fourgon s'est renversé et qu'un périmètre de sécurité (décidément) s'est formé parce que dans le fourgon il y a UNE BOUTEILLE D'OXYGENE.

Je m'envoie un pshitt.

9h : j'ai arrêté de fumer, mais j'en taxe une à mon voisin, celui de la file de droite. Il a une Golf mais il est moche et bordelais de surcroît. Tant pis.

10h : il parait qu' ASF fait de son mieux, ainsi que les pompiers. Bande de connards.

10h32 : l'autoroute est réouverte. Enfin, une voie. On passe au compte gouttes sur 4 kms.
J'ai pas fait mes photocopies.
Je suis stressée. Où j'ai foutu mon Rescue bordel?

11h15 : j'arrive au lycée, avec d'autres collègues bloqués comme moi. On me dit "et en plus ils nous ont fait payer l'autoroute". C'est vrai, en plus! Bande de connards.

11h21 : j'ai arrêté de fumer mais je vais en griller une avec Valérie ma copine. On critique la nouvelle pro adjointe.

11h29 : je récupère ma clé, je fais des photocopies, tout marche comme sur des roulettes (sauf la machine à café).

11h55 : je monte à ma salle vérifier que tout est rentré dans l'ordre. RIEN N'A BOUGE. Visiblement les ouvriers sont en RTT depuis mardi.
Je fouille dans mon sac, je sais pas où est ce connard de Rescue de merde.

12h00 : je vais manger à la cantine. On critique la nouvelle pro adjointe.

13h30 : je retourne dans ma salle. J'aperçois un gentil agent et je lui dis "comment que je fais moi , j'ai cours demain à 9h?" Il me dit : "on appelle le chef des agents".
Il arrive et il m'engueule : "c'est le bordel partout, on s'en occupe cet aprèm".

Je descends chercher le Rescue dans la voiture, je remonte et je commence le déménagement.
Des collègues pourvus de muscles me filent un coup de main, on vire le superflu.
Un agent d'entretien passe un coup de balai sur les gravats et ma salle est opérationnelle.

15h15 : je me casse.

Vendredi 4 septembre

8h45 : j'arrive devant ma salle pour m'installer, elle est occupée. Ca m'énerve.

8h55 ça sonne, la collègue quitte la salle mais m'annonce que ses élèves restent puisqu'ils ont cours au même endroit ensuite.
J'ai oublié le Rescue chez moi.
Leur prof arrive par chance c'est ma copine, elle prend ses 35 élèves sous le bras et vide les lieux.

9h05 : j'ai pas besoin de Rescue. J'ai les TCSS : terminale Carrière sanitaire et sociale. 25 filles à la bouille d'ange.
Je les aime.

10h : récréation : j'ai arrêté de fumer. J'en taxe une à une pauvre pionne au salaire de misère et je la fume rageusement au portail.


18h 00 (oui parce qu'en plus je ferme la boutique le vendredi) : je me casse.

Bilan : la pro adjointe a un surnom: le Poulpe.
             j'ai arrêté de fumer, mais moins.
             on est vraiment bien que devant ses élèves.

Lundi, je recommence.
Fais moi penser à passer  à la pharmacie j'ai plus de Rescue.


Par Betty - Publié dans : Educ' Nat - Communauté : Encore plus d'humour
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /2009 13:32

Il y a un an je publiais ceci.

Dans deux jours, je serai retournée sur les lieux...

Alors cet ancien billet raconte bien mon humeur ces jours ci, sommeil perturbé, stress quotidien et tout et tout.

Mais, des choses vont changer.

Quoi, vous demandez vous mes chéris?

Je sens bien (oh oui) qu'un frisson vous parcourt l'échine à l'idée de mes révélations.

Je sens bien (oh oui, encore) que vous trépignez de savoir ce qui va bien pouvoir m'arriver (happen to me) (je révise mon anglais, voyez vous) cette année.

Bien, accrochez vous au pinceau, c'est INCREDIBOLE.

D'abord je change de proviseur adjoint. Exit Mr L, qui était relativement apprécié et fort compétent.
Arrive Mme D, qui est encore auréolée de mystère, surtout si elle ne met pas de déodorant.

Ce qui signifie (which means) que nous devrons nous habituer à de nouvelles méthodes, nous devrons apprivoiser la bête afin, peut être d'avoir son soutien si toutefois nous organisions un voyage à l'étranger (en Irlande si possible) (je ne me refais pas : pendant 6 mois je galère à préparer tout ça, à pleurer pour quelques subventions, à travailler au dela de l'imaginable -et oui ça arrive même aux profs, à hurler de rage quand ça ne va pas comme je voudrais c'est à dire tout le temps, à me transformer en mégère échevelée pour un oui ou pour un non (for a yes or a no ???).

Ensuite, nous passons au BAC PRO 3 ans.
Comme j'ai mal au dos, il est totalement exclu que je t'explique sur 72 lignes ce que c'est mais sache que c'est une aberration pédagogique dont le seul but est de faire économiser de l'argent à qui tu sais. (tu sais, hein rassure moi?)

Ce qui veut dire : BEAUCOUP plus de travail car nous changeons de manuel, d'exigences et tout.

Désormais les élèves entrant en bac pro 3 ans tertiaire auront 2 langues (déjà qu'ils maitrisent pas la leur...) ce qui veut dire que j'ai maintenant des LV1 et des LV2.
Sauf que en général en sortant de 3è, ils étaient nuls dans les 2 langues, j'en déduis donc que le niveau sera sensiblement le même, alors je pense préparer les mêmes cours...

Sauf que.

Sauf que bien sûr, on ne sait pas encore en quoi va consister l'examen : deux épreuves différentes probablement, mais à quel degré? Comment? Quid? Hein?

Heureusement je réintègre un batiment, et je quitte sans regret mon algeco non insonorisé, caniculaire même par 22° dehors, et glacé car mal chauffé l'hiver...
Enfin, j'espère retrouver MA salle puisque comme je l'ai déjà dit ON l'a donné à quelqu'un d'autre, l'une des deux nouvelles collègues d'anglais, déjà surnommées par mon Walter Egau : Mygale et Cambronne.


Alors bon, hein, ok, on la ramène pas, si possible, sur les profs qui sont tout le temps en vacances, je suis en vacances là? NON? BON.

Et pour finir un petit bijou d'humour découvert grâce à
Chandelin qui ne figure pas encore dans mes favoris car ma paresse n'a d'égale que mon intelligence, mais qui y sera bientôt.
J'ajoute que ceci est produit et commenté par Alain Chabat, qui reste pour moi un maître.


Par Betty - Publié dans : Educ' Nat
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /2009 17:43
Je ne vois pas pourquoi je serais obligée de toujours utiliser un langage châtié.

Donc, je préambule avec "BORDEL".

Parce que là, c'est  n'importe quoi.

Est ce que vous avez déjà vu la tronche d'un prof à quelques jours de la rentrée?

Est ce que vous savez comment il faut faire pour trouver sur Internet des comics ou des photos hilarantes absolument en relation avec le billet? Je sais la question n'a rien à voir mais moi, j'imaginais assez bien comment j'aurais pu illustrer mon propos comme d'autres blogueurs le font si bien.

Enfin bref.

Donc, en vrac et dans le désordre: je fais des cauchemars et mes nuits sont pourries parce que dans ce pays de merde il fait TROP chaud alors le Sud merci bien, j'en ai ras le cul vivement l'hiver.

Je prépare des cours quand j'ai envie le temps, c'est à dire pas souvent, et je déteste être prise au dépourvu à la rentrée et devoir préparer n'importe quoi pour les premiers jours, comme la majorité de mes collègues (c'est bon JE DECONNE les profs qui me lisez). Cette année est l'année de tous les dangers : des millions de choses qui changent au lycée par contre, une chose reste immuable : les élèves et là, c'est terrible, je vais leur distribuer des masques anti grippe intégraux pour ne pas voir leur cabine.

Je déteste aller faire les courses mais c'est vrai que ça n'a rien à voir avec la rentrée.

Mes cheveux ne ressemblent à rien, ma coiffeuse est une bourrique.

Je dépense de l'argent inconsidérément en fringues et autres bottes que je ne mettrai que dans deux mois (bon mais elles sont à tomber par terre, et le prix aussi hem) , tout ça en puisant allègrement dans le budget "travaux maison".

J'envoie les vieux en voyage de 40-ans-de-mariage en Egypte, et pour des raisons fortement liées au fait qu'ils sont sourds, j'ai la trouille qu'on me les perde, qu'on me les momifie ou que l'hotel flambe la nuit et qu'ils ne s'en rendent pas compte.

(Je suis COMPLETEMENT NEVROSEE je sais, je sais, t'en fais pas, JE SAIS).

Je me suis rendue compte que sur mon emploi du temps j'étais affectée à une salle qui n'est pas la mienne, et que donc sans doute la nouvelle collègue qui arrive en anglais aura MA salle : ça me tracasse et me turlupine.
Je préfère "turlupine" en fait.
Donc ça me turlupine (sympa ce mot) (deux allusions sexuelles en un seul mot).

Je ne fume plus qu'occasionnellement, du coup, je ne bois plus l'apéro, je ne bois plus de café, je ne fais plus rien de drôle, il reste juste un truc mais encore faut il avoir un partenaire, mais il est à Paris pour sa partouze son séminaire de rentrée, avec des chefs qui lui balancent à la gueule en toute modestie leurs primes pharamineuses (Nicmo, est ce que c'est comme fantasme, est ce qu'on peut l'écrire comme çà? Merci Maitre Capello).

J'ai acheté un carnet de bord sur lequel je me suis juré de toujours écrire avec le même stylo, de ranger le bordel au fur et à mesure, et tout.

Le seul truc positif c'est que les deux nains AUSSI vont retourner à l'école.

Et ça, c'est BON.
Par Betty - Publié dans : Educ' Nat
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Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /2009 14:01
Comme promis ici, je vais donc te parler des chefs d'établissement.

Comme il est de notoriété publique que tu ne connais rien à rien, laisse moi d'abord te donner quelques éléments indispensables à la compréhension de cet article hautement intellectuel (comme toujours) (oui, je précise, car j'ai bien ouï quelques murmures de réprobation).

Primo, comment devient on un chef d'établissement? Non, on ne se réveille pas un matin subitement transformé en chef, et investi, tel Jeanne d'Arc, d'une mission des plus délicates.

Non, mon ami, on passe un CONCOURS, et  on doit remplir certaines conditions d'âge, et de nombre d'années d'enseignement. ET OUI! Ce gens qui est ton chef n'est ni plus ni moins qu'un prof comme toi...D'anglais, de maths ou de mécanique, qu'importe, un jour il a dit "basta, je vais devenir chef pour emmerder les profs autant qu' on m' a emmerdé moi..."

Ou alors, le prof en question a certaines qualités nécessaires au poste : sens de l'organisation, autorité naturelle, compréhension voire empathie, respect pour les collègues etc...

Ah non, en fait. (on oublie ces qualités) (hin hin).

Bon.

Ne perds donc pas de vue que le proviseur est un ancien prof, alors comment ne pas le soupçonner d'avoir choisi cette voie par épuisement, par lassitude, et par pur vice goût du pouvoir?

Mais à quoi il sert, te demandes tu, si tu es un tant soit peu intelligent?

A rien  à pas grand chose s'il est grand chef d'un grand lycée et qu'il est secondé par une armada de proviseurs adjoints. Enfin, à pas grand chose de visible en tout cas. Disons qu'en général si la presse se déplace, c'est lui qui la reçoit, et si c'est le ministre, c'est lui qui lui baise les pieds.

Ce sont donc les autres qui font la majorité du boulot : préparer les emplois du temps (et se préparer à de belles empoignades le jour de la pré rentrée par des profs mécontents); gérer les conflits quels qu'ils soient, présider aux conseils de classe, préparer les examens, assister à des milliards de réunions, répondre aux demandes des profs, ne pas les insulter, comprendre les raisons de leur arrêt maladie, ne pas les insulter, accepter leurs sautes d'humeur et leurs demandes perpétuelles de changement d'emploi du temps, ne pas les insulter..., etc.

Bon en même temps; on va pas le plaindre, c'est pour ça qu'il a signé : il savait qu"avant d'être PROVISEUR il serait ADJOINT et ne ferait que bosser...

C'est donc l'adjoint qui se tape tout le boulot.

Et du proviseur, j'en ai cotoyé crois moi.

Du libidineux qui essaie de choper tout ce qui porte nichons, (élèves, profs, agents, tout je te dis) au ramolli incapable de prendre la moindre décision, à celui qui ne croit et n'écoute que les parents, au détriment des profs (qu'il ne peut pas sacquer, il a la mémoire courte), ou encore celui qui se cache dans son bureau et n'en sort qu'une fois la nuit tombée, en rasant les murs, pour rentrer dans son logement de fonction et s'y planquer jusqu'au lendemain matin ...

Sans parler de ceux qui ont un goût vestimentaire improbable...(non mais je te jure ça a son importance hein, si si...) : tailleur violet, chaussures plates et chaussettes donald pour madame, pantalons trop courts et chaussettes de tennis pour monsieur....

C'est la cour des Miracles je te dis...

Quant à moi, cette année j' en change...Celui qu'on aimait bien va naviguer ailleurs, et il parait que celle qui lui succède est FOLLE tout simplement.

Cool non?

Finalement qu'est ce qu'un proviseur?
Je te le demande?
Sois pas con non plus, cherche pas, j'ai une réponse à te donner.

C'est jamais qu'un prof mais en PIRE.

Tu vois?

Tu trembles, tu gémis? (à présent qu'a sonnée l'heure?).






Par Betty - Publié dans : Educ' Nat
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