Educ' Nat

Samedi 17 octobre 2009


Ah j’en vois déjà dont le flanc frémissant se couvre d’une fine pellicule de sueur, je sens l’excitation qui vous gagne, comme la montagne.

J’en vois qui attrapent une cigarette pour mieux savourer la joie d’un nouvel article sur les profs, même si à eux, je dis, le tabac c’est MAL, j’en veux pour preuve le compliment qui m’a été fait récemment par Valou : « depuis que tu fumes plus, t’as le poil brillant ».

Ah que oui, trois semaines sans tabac et voici que ma peau déjà parfaite devient plus lisse encore, sans parler de ma toison capillaire qui envoie des signaux au soleil et je te parle même pas de ma foufe.

 

 

Bref, tout ça pour dire, dans un langage plus courant (ce qu’il faut pour vous, gens de la plèbe) : vous êtes contints, hin ? ça vous fait plizir, hin ?).

Mon Dieu qu’est ce qu’il ne faut pas faire pour se faire comprendre de ses lecteurs.

 

 

Donc, je m’en vais vous entretenir de mon quotidien voyagesque pour me rendre sur les lieux.

(point besoin de préciser quels lieux, pas d’aisance en tout cas, même si la plupart du temps c’est à chier).

 

C’est le COVOITURAGE.

Du latin covoiturere, qui signifie : supporter la promiscuité avec des profs dans un espace clos avant même d’être dans l’antre du savoir.

 

Ce covoiturage existe depuis de nombreuses années dans mon lycée afin de transporter depuis Toulouse jusqu’à la belle cité de Montauban des hordes de profs.

 

C’est simple : il y a un point de rendez vous, sur un parking, chacun doit avoir sa voiture, et chacun conduit en général une fois par semaine, et paie les frais lorsqu’il conduit, d’essence et d’autoroute.

On se donne rendez vous une heure avant le début du cours, on monte dans la voiture du chauffeur, et en avant.

Le soir on se retrouve au lycée avec son chauffeur attitré qui nous ramène au point de rendez vous.

Il y a en général au moins un départ à toutes les heures, ainsi qu’un retour.

Quand on a un changement d’emploi du temps, il suffit de regarder sur le planning s’il y a une place dans une autre voiture.

 

Voilà, t’as compris ?

 

Bon.

 

Ca c’est le côté technique.

Mais il ne faut pas oublier le côté humain.

La promiscuité.

Dès 7 h du matin.

Non, je te vois venir, ce n’est pas un problème d’hygiène, le prof sent bon le matin (c’est le soir que ça se gâte).

Ce qui est plus difficile ce sont les conversations.

 

Ben oui.

Parce que de nombreux co-voitureurs arguent que le cov, c’est bien parce que le temps passe plus vite quand on discute.

 

Oui mais quid des tombes du matin ? De ceux pour qui le silence est une valeur sûre, surtout quand on a pas envie d’entendre ou de dire des conneries ?

Moi, par exemple , ce que j’aime le matin c’est être seule et mettre la musique à fond et utiliser toute mon énergie à ne pas penser.

Et le soir, j’aime mettre la musique à fond et utiliser toute mon énergie à ne plus penser à la journée, eût elle été de merde, ou pas.

 

C’est ennuyeux.

 

Parce que tu dois quand même te taper les conversations.

Alors il existe plusieurs solutions :

Sourire poliment en montant dans la voiture,  se caler dans un coin et s’endormir.

Inconvénient : mieux vaut que ce soit tôt le matin, qu’il fasse nuit et qu’il y ait d’autres passagers pour parler au chauffeur sinon c’est pas très sympa.

 

Ou : participer au début à une conversation et y mettre fin brutalement en étant très désagréable, et tourner la tête pour bouder. Exemple : 
 
X : Dis donc Betty, tes parents sont en Egypte, ça se passe bien ?

 Moi:
    
Ah bah oui, ça va, ils s’éclatent, les deux, aujourd’hui ils sont au Caire, et moi je vais à Montauban » (HUMOUR).

Y : bof tu sais, c’est bien l’Egypte mais il y tellement de monde sur ces sites, finalement on n’a pas à regretter grand-chose.

Moi :  oui excuse moi, je me suis saignée pour leur offrir un voyage là bas, à eux, ouvriers retraités, mais c’est tellement SURFAIT l’Egypte, ANDOUILLE!  (vers la fin je n’ai fait que penser le mot..)


Y
 : euh oui, bien sûr, c’est vrai, d’ailleurs si on veut les voir en vrai ces lieux célèbres, on est obligés d’y aller hein (sic).

Moi : ............

 

J’ai ensuite ruminé dans un coin et personne m’a parlé.

J’ai un naturel un peu ombrageux.

 

Sinon voici le type d’autre conversation que tu peux ouïr.

Toujours la même voiture, toujours la même personne, Y.

 

Y, à X qui vient de déménager : « alors c’est super tu dois drôlement profiter de l’Utopia maintenant ?  »

L’Utopia c’est un cinéma qui passe un peu des films d’auteur mais desfois non, et c’est vachement plus tendance d’aller à l’utopia, un prof ne dit pas, par exemple, tiens, hier soir chui allé au CGR voir le dernier Pixar avec mes gosses, mais « je suis allé à l’Utopia voir un film d’animation roumain magnifique ».

 

Tu comprends le prof se doit d’être cultivé. Et de nous souler avec ça.

Alors que nous on aimerait bien faire des blagues de cul, mais disons qu’à l’Utopia, ça se fait pas trop.

 

 

Les autres joyeusetés du covoiturage sont les « voitures de la mort ».

Je t’explique.

 

T’as la voiture de la mort au sens propre. Parce que t’as toujours un ou deux chauffeurs, qui prônent le 160 sur l’autoroute, et à chaque fois que tu montes avec eux tu penses à tes enfants à qui tu vas tellement manquer, et tu te dis qu’après ta mort, ton mari pensera même pas à nettoyer de temps les chambranles de portes (et les portes).

 

Mais tu as aussi les voitures de profs d’ELECTRONIQUE.

Normalement si tu connaissais les profs d’électronique tu tremblerais, tu gémirais telle une bête blessée.

Mais tu ne les connais pas.

Ce sont des aliens.

Ils parlent d’électronique tout le temps. Du départ, jusqu’à l’arrivée. Ils sont systématiquement en retard le soir, si c’est l’un deux qui te ramène. Je suppose que l’an dernier j’ai dû être punie pour quelque chose car je rentrais à 17h avec une voiture pleine de profs d’électronique.

Une fois, j’ai attendu 20 minutes sous la pluie leur arrivée, près de la voiture (une 405 break ancien modèle). Quand ils sont arrivés ils m’ont dit qu’ils attendaient que la pluie se calme avant de traverser la cour.

 

Et donc, ensuite ils parlent d’électronique, mais avant de commencer ils innovent dans le trajet pour sortir de la ville…

Toute l’année (je JURE que c’est vrai, ce sont de grands malades), ils ont essayé plusieurs itinéraires pour éviter les 300 m d’embouteillages qu’il y a  à 17h.

Ils ont essayé de gagner du temps (environ 2 minutes), en contrôlant sur leur CHRONO.

J’ai eu envie de pleurer souvent, car après ça il fallait que j’endure des discours sur l’électronique auxquels je n’entravais rien, et j’avais même pas un complice à qui faire des clins d’œil.

 

Tu as aussi les voitures de VRAIS CASSE -C....
Tu sais, le gars qui est pris en exemple par l’opinion publique.

LE prof, LE vrai, celui que les gens n’aiment pas.

A côté, les autres profs tu as de la tendresse pour eux, même les profs d’électronique, tu vois.

 

Exemple :

      -          X : tiens à la Toussaint, je pars en famille à Paris. On a loué un truc, pas cher. On va visiter TOUT, mais ça revient pas cher parce que j’ai plein de bons plans.

             -  Y (tout admiratif)  : ah dis donc super, alors, quelle chance. Tu pars à toutes les vacances.


       -
   
x:  oui et en plus, on ira à Disney, mais attention hein, pas pour Halloween avec tous les blaireaux, non, nous on y va AVANT et en plus on a les « fastpass » donc on attendra jamais.

 
-
   
Moi : t’es sur que t’attendras pas, même avec les fastpass ? parce que c’est pas aussi simple que ça.


-
     
Bah non, je suis pas un blaireau, je sais me démerder, je l’ai déjà fait.

 

Arrivée au péage : prise du ticket (tiens, le CASSE- C........n’a pas de badge, serait il un blaireau ?)

Au niveau de la bretelle d’accès, petit bouchon.

Le bonhomme commence à pester (c’est aussi un vrai toulousain).

Il attend 46 secondes.

Il passe entre les bornes et repart dans l’autre sens, au péage de sortie.

Fier de lui il dit à Mr Péage : « c’est pour un passage gratuit , y a un bouchon, alors j’attends pas, je ressors de suite  lol méla mdr ».

Mr Péage est pas content : c’est interdit de faire ça, d’ailleurs ça bouchonne déjà plus.

Le casse - c..... lui dit " oui mais moi j’ai quand même attendu 5 minutes » (han)

Il nous laisse partir.

 

Y : (tout compatissant) dit « ah ben il était pas aimable, hein »


X
 : « c’est même pas ça, il est malheureux c’est tout, ce blaireau ce pauvre homme.."


Moi
 : en même temps t’avais pas le droit de faire ça, il va pas te féliciter, et puis vu son boulot de merde, on va pas non plus l’engueuler.


Y
 :ah ben je suis désolée je connais plein de boulot de merde où les gens sont aimables.


Moi 
: par exemple ?


Y
 : ben les caissières.


Moi
 : ……

 

Finalement, une fois dans l’autre sens, le Casse- c...... s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de rond point (faut croire qu’il n’était jamais passé par là avant…le blaireau) , et il a fallu reprendre la route VERS Montauban pour attraper une sortie et repartir sur les 4 voies, reprendre un ticket et se RETAPER le ralentissement dû à quelques travaux (temps d’attente, 2 minutes).

 

Puis on s’est cogné ses bons plans anti – blaireaux : comment il va au ski (je supporte pas cette histoire de ski), pour PAS cher, comment il est heureux, comment ses enfants ils sont heureux, et comment il fait des affaires, et comment il est trop fort (pas pour gagner du temps par contre.)

 

 

Tu vois le covoiturage c’est sympa.

Tu fais des économies d’essence, de péage, d’énergie.

Mais psychologiquement, t’es mort…

 

 

 

 

 

Par Betty
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Jeudi 8 octobre 2009
Oui, les aminches, j'ai une question (I've got a question).

Pourquoi, lorsque je parle des élèves, des profs, du lycée, j'ai PLEIN de commentaires?

Pourquoi, lorsque je parle de musique, littérature, que je partage avec vous des pensées profondes (oh oui) et intellectuelles, y a plus personne?

POURQUOI?

Voyez vous, je suis déçue, les gens, DECUE.

C'est tout.

Mais je vous prépare quand même une note sur le COVOITURAGE.

J'entends le covoiturage de profs.
Une intense concentration d'enseignants dans un espace réduit, avec les conversations qui vont avec.

Ah ça, là, bien sûr ça frétille de l'ovaire, mesdames, ça zigounipiloupiloute à tout va, messieurs.

Ben va falloir attendre, rapport que j'ai du travail, c'est comme ça (et c'est incroyable).
Par Betty
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Mercredi 30 septembre 2009
Le 7 octobre il y a enfin une grève.

Mais le 7 octobre c'est un MERCREDI.

Mais kessecékeça? de qui se moque-t-on?

Maintenant on va finir par croire que les profs veulent pas faire sauter leurs cours.



SANS DECONNER.

J'en suis malade, littéralement.
Par Betty
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Samedi 5 septembre 2009

Lundi 31 août,

17h48 :

 Je reçois un mail assourdissant de majuscules et de points d'exclamation (comme ça : LE SCOOP !!!!!!! ON RENTRE QUE LUNDI !!!!!!!!!! LA COMMISSION DE SECURITE N'AUTORISE PAS L'OUVERTURE DU LYCEE!!!!!!.

 Je crie, je hurle et je fais un peu pipi dans ma culotte.

Puis, j'appelle l'auteure du mail qui me confirme : le lycée est un vrai chantier, et la commission de sécurité ne veut pas entendre parler d'ouverture because l'alarme incendie ne fonctionne pas et les détecteurs de fumée non plus, mais la pré-rentrée est maintenue pour le personnel le 1er.

Le proviseur fait paraître un article dans la presse et une annonce aux infos régionales.

Je m'arrache les cheveux de joie (faudra que je pense à faire des implants).


Mardi 1er septembre,

   8h42 : j'entre dans le bâtiment rénové. Je suis drôlement guillerette. Les tableaux sont empilés par terre dans le hall d'entrée, les extincteurs posés au sol. C'est marrant.

Je monte dans ma salle : une télé de 1974 est posée sur une table, une armoire vide traîne dans une allée, des caisses à outils sont abandonnées sur le bureau et des cartons destinés à la salle "lettres -histoire" sont en vrac sur le sol.
Ah oui, y a pas de tableau, normal ils sont en bas.

9h00 : le proviseur -philosophe annonce le report de la rentrée du LP ; les profs du LP applaudissent, ceux du lycée nous huent.
Je les emmerde.
S'ensuit un discours qui me berce d'une langueur monotone et je raconte mes vacances à Laurent qui revient de Corse (salaud de fonctionnaire).

12h00 : on va manger au resto en critiquant la nouvelle proviseur adjointe.

14h 00 : début des réunions pédagogiques. On cherche nos collègues et on essaie de ne pas tomber sur les cartons, c'est super rigolo.

17h 00: je me casse, à lundi les nazes!

Mercredi 2 septembre

11h : je reçois un mail intitulé "rentrée URGENT".
Ca m'inquiète alors avant de le lire je m'envoie un pshitt de "RESCUE" , Fleurs de Bach, un truc pour les émotions fortes.
 "La commission de sécurité se réunit ce jour à 11h. Si l'avis est favorable la rentrée aura lieu selon le calendrier suivant: jeudi, rentrée des internes à 8h et des élèves avec leur prof principal à 14h, début de l'emploi du temps normal vendredi 8h"

Je me refais un pschitt.
Je m'étrangle.

15h37 : réponse définitive, la commission de sécurité a donné son accord.
Le lycée prévient les élèves par téléphone : "venez demain, en fait".
Hélas, les moyens de communication étant fort peu développés à notre époque, par malheur plein d'élèves n'ont pas eu l'info (oh ben mince alors, mince!!).
Je me dis, on est pas rendus, ah ça non, on est pas rendus.

Jeudi 3 septembre:
je décide de partir au lycée après la rentrée de mes nains afin de vérifier ma salle, faire des photocopies, récupérer ma clé et tout le bordel.

8h20 : je m'engage sur l'autoroute, ignorant superbement l'annonce "bouchon sur l'A62".

8h22 : les voitures sont à l'arrêt, et Radio Trafic me dit qu'un fourgon s'est renversé et qu'un périmètre de sécurité (décidément) s'est formé parce que dans le fourgon il y a UNE BOUTEILLE D'OXYGENE.

Je m'envoie un pshitt.

9h : j'ai arrêté de fumer, mais j'en taxe une à mon voisin, celui de la file de droite. Il a une Golf mais il est moche et bordelais de surcroît. Tant pis.

10h : il parait qu' ASF fait de son mieux, ainsi que les pompiers. Bande de connards.

10h32 : l'autoroute est réouverte. Enfin, une voie. On passe au compte gouttes sur 4 kms.
J'ai pas fait mes photocopies.
Je suis stressée. Où j'ai foutu mon Rescue bordel?

11h15 : j'arrive au lycée, avec d'autres collègues bloqués comme moi. On me dit "et en plus ils nous ont fait payer l'autoroute". C'est vrai, en plus! Bande de connards.

11h21 : j'ai arrêté de fumer mais je vais en griller une avec Valérie ma copine. On critique la nouvelle pro adjointe.

11h29 : je récupère ma clé, je fais des photocopies, tout marche comme sur des roulettes (sauf la machine à café).

11h55 : je monte à ma salle vérifier que tout est rentré dans l'ordre. RIEN N'A BOUGE. Visiblement les ouvriers sont en RTT depuis mardi.
Je fouille dans mon sac, je sais pas où est ce connard de Rescue de merde.

12h00 : je vais manger à la cantine. On critique la nouvelle pro adjointe.

13h30 : je retourne dans ma salle. J'aperçois un gentil agent et je lui dis "comment que je fais moi , j'ai cours demain à 9h?" Il me dit : "on appelle le chef des agents".
Il arrive et il m'engueule : "c'est le bordel partout, on s'en occupe cet aprèm".

Je descends chercher le Rescue dans la voiture, je remonte et je commence le déménagement.
Des collègues pourvus de muscles me filent un coup de main, on vire le superflu.
Un agent d'entretien passe un coup de balai sur les gravats et ma salle est opérationnelle.

15h15 : je me casse.

Vendredi 4 septembre

8h45 : j'arrive devant ma salle pour m'installer, elle est occupée. Ca m'énerve.

8h55 ça sonne, la collègue quitte la salle mais m'annonce que ses élèves restent puisqu'ils ont cours au même endroit ensuite.
J'ai oublié le Rescue chez moi.
Leur prof arrive par chance c'est ma copine, elle prend ses 35 élèves sous le bras et vide les lieux.

9h05 : j'ai pas besoin de Rescue. J'ai les TCSS : terminale Carrière sanitaire et sociale. 25 filles à la bouille d'ange.
Je les aime.

10h : récréation : j'ai arrêté de fumer. J'en taxe une à une pauvre pionne au salaire de misère et je la fume rageusement au portail.


18h 00 (oui parce qu'en plus je ferme la boutique le vendredi) : je me casse.

Bilan : la pro adjointe a un surnom: le Poulpe.
             j'ai arrêté de fumer, mais moins.
             on est vraiment bien que devant ses élèves.

Lundi, je recommence.
Fais moi penser à passer  à la pharmacie j'ai plus de Rescue.


Par Betty
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Dimanche 30 août 2009

Il y a un an je publiais ceci.

Dans deux jours, je serai retournée sur les lieux...

Alors cet ancien billet raconte bien mon humeur ces jours ci, sommeil perturbé, stress quotidien et tout et tout.

Mais, des choses vont changer.

Quoi, vous demandez vous mes chéris?

Je sens bien (oh oui) qu'un frisson vous parcourt l'échine à l'idée de mes révélations.

Je sens bien (oh oui, encore) que vous trépignez de savoir ce qui va bien pouvoir m'arriver (happen to me) (je révise mon anglais, voyez vous) cette année.

Bien, accrochez vous au pinceau, c'est INCREDIBOLE.

D'abord je change de proviseur adjoint. Exit Mr L, qui était relativement apprécié et fort compétent.
Arrive Mme D, qui est encore auréolée de mystère, surtout si elle ne met pas de déodorant.

Ce qui signifie (which means) que nous devrons nous habituer à de nouvelles méthodes, nous devrons apprivoiser la bête afin, peut être d'avoir son soutien si toutefois nous organisions un voyage à l'étranger (en Irlande si possible) (je ne me refais pas : pendant 6 mois je galère à préparer tout ça, à pleurer pour quelques subventions, à travailler au dela de l'imaginable -et oui ça arrive même aux profs, à hurler de rage quand ça ne va pas comme je voudrais c'est à dire tout le temps, à me transformer en mégère échevelée pour un oui ou pour un non (for a yes or a no ???).

Ensuite, nous passons au BAC PRO 3 ans.
Comme j'ai mal au dos, il est totalement exclu que je t'explique sur 72 lignes ce que c'est mais sache que c'est une aberration pédagogique dont le seul but est de faire économiser de l'argent à qui tu sais. (tu sais, hein rassure moi?)

Ce qui veut dire : BEAUCOUP plus de travail car nous changeons de manuel, d'exigences et tout.

Désormais les élèves entrant en bac pro 3 ans tertiaire auront 2 langues (déjà qu'ils maitrisent pas la leur...) ce qui veut dire que j'ai maintenant des LV1 et des LV2.
Sauf que en général en sortant de 3è, ils étaient nuls dans les 2 langues, j'en déduis donc que le niveau sera sensiblement le même, alors je pense préparer les mêmes cours...

Sauf que.

Sauf que bien sûr, on ne sait pas encore en quoi va consister l'examen : deux épreuves différentes probablement, mais à quel degré? Comment? Quid? Hein?

Heureusement je réintègre un batiment, et je quitte sans regret mon algeco non insonorisé, caniculaire même par 22° dehors, et glacé car mal chauffé l'hiver...
Enfin, j'espère retrouver MA salle puisque comme je l'ai déjà dit ON l'a donné à quelqu'un d'autre, l'une des deux nouvelles collègues d'anglais, déjà surnommées par mon Walter Egau : Mygale et Cambronne.


Alors bon, hein, ok, on la ramène pas, si possible, sur les profs qui sont tout le temps en vacances, je suis en vacances là? NON? BON.

Et pour finir un petit bijou d'humour découvert grâce à
Chandelin qui ne figure pas encore dans mes favoris car ma paresse n'a d'égale que mon intelligence, mais qui y sera bientôt.
J'ajoute que ceci est produit et commenté par Alain Chabat, qui reste pour moi un maître.


Par Betty
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Vendredi 28 août 2009
Je ne vois pas pourquoi je serais obligée de toujours utiliser un langage châtié.

Donc, je préambule avec "BORDEL".

Parce que là, c'est  n'importe quoi.

Est ce que vous avez déjà vu la tronche d'un prof à quelques jours de la rentrée?

Est ce que vous savez comment il faut faire pour trouver sur Internet des comics ou des photos hilarantes absolument en relation avec le billet? Je sais la question n'a rien à voir mais moi, j'imaginais assez bien comment j'aurais pu illustrer mon propos comme d'autres blogueurs le font si bien.

Enfin bref.

Donc, en vrac et dans le désordre: je fais des cauchemars et mes nuits sont pourries parce que dans ce pays de merde il fait TROP chaud alors le Sud merci bien, j'en ai ras le cul vivement l'hiver.

Je prépare des cours quand j'ai envie le temps, c'est à dire pas souvent, et je déteste être prise au dépourvu à la rentrée et devoir préparer n'importe quoi pour les premiers jours, comme la majorité de mes collègues (c'est bon JE DECONNE les profs qui me lisez). Cette année est l'année de tous les dangers : des millions de choses qui changent au lycée par contre, une chose reste immuable : les élèves et là, c'est terrible, je vais leur distribuer des masques anti grippe intégraux pour ne pas voir leur cabine.

Je déteste aller faire les courses mais c'est vrai que ça n'a rien à voir avec la rentrée.

Mes cheveux ne ressemblent à rien, ma coiffeuse est une bourrique.

Je dépense de l'argent inconsidérément en fringues et autres bottes que je ne mettrai que dans deux mois (bon mais elles sont à tomber par terre, et le prix aussi hem) , tout ça en puisant allègrement dans le budget "travaux maison".

J'envoie les vieux en voyage de 40-ans-de-mariage en Egypte, et pour des raisons fortement liées au fait qu'ils sont sourds, j'ai la trouille qu'on me les perde, qu'on me les momifie ou que l'hotel flambe la nuit et qu'ils ne s'en rendent pas compte.

(Je suis COMPLETEMENT NEVROSEE je sais, je sais, t'en fais pas, JE SAIS).

Je me suis rendue compte que sur mon emploi du temps j'étais affectée à une salle qui n'est pas la mienne, et que donc sans doute la nouvelle collègue qui arrive en anglais aura MA salle : ça me tracasse et me turlupine.
Je préfère "turlupine" en fait.
Donc ça me turlupine (sympa ce mot) (deux allusions sexuelles en un seul mot).

Je ne fume plus qu'occasionnellement, du coup, je ne bois plus l'apéro, je ne bois plus de café, je ne fais plus rien de drôle, il reste juste un truc mais encore faut il avoir un partenaire, mais il est à Paris pour sa partouze son séminaire de rentrée, avec des chefs qui lui balancent à la gueule en toute modestie leurs primes pharamineuses (Nicmo, est ce que c'est comme fantasme, est ce qu'on peut l'écrire comme çà? Merci Maitre Capello).

J'ai acheté un carnet de bord sur lequel je me suis juré de toujours écrire avec le même stylo, de ranger le bordel au fur et à mesure, et tout.

Le seul truc positif c'est que les deux nains AUSSI vont retourner à l'école.

Et ça, c'est BON.
Par Betty
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Mardi 18 août 2009
Comme promis ici, je vais donc te parler des chefs d'établissement.

Comme il est de notoriété publique que tu ne connais rien à rien, laisse moi d'abord te donner quelques éléments indispensables à la compréhension de cet article hautement intellectuel (comme toujours) (oui, je précise, car j'ai bien ouï quelques murmures de réprobation).

Primo, comment devient on un chef d'établissement? Non, on ne se réveille pas un matin subitement transformé en chef, et investi, tel Jeanne d'Arc, d'une mission des plus délicates.

Non, mon ami, on passe un CONCOURS, et  on doit remplir certaines conditions d'âge, et de nombre d'années d'enseignement. ET OUI! Ce gens qui est ton chef n'est ni plus ni moins qu'un prof comme toi...D'anglais, de maths ou de mécanique, qu'importe, un jour il a dit "basta, je vais devenir chef pour emmerder les profs autant qu' on m' a emmerdé moi..."

Ou alors, le prof en question a certaines qualités nécessaires au poste : sens de l'organisation, autorité naturelle, compréhension voire empathie, respect pour les collègues etc...

Ah non, en fait. (on oublie ces qualités) (hin hin).

Bon.

Ne perds donc pas de vue que le proviseur est un ancien prof, alors comment ne pas le soupçonner d'avoir choisi cette voie par épuisement, par lassitude, et par pur vice goût du pouvoir?

Mais à quoi il sert, te demandes tu, si tu es un tant soit peu intelligent?

A rien  à pas grand chose s'il est grand chef d'un grand lycée et qu'il est secondé par une armada de proviseurs adjoints. Enfin, à pas grand chose de visible en tout cas. Disons qu'en général si la presse se déplace, c'est lui qui la reçoit, et si c'est le ministre, c'est lui qui lui baise les pieds.

Ce sont donc les autres qui font la majorité du boulot : préparer les emplois du temps (et se préparer à de belles empoignades le jour de la pré rentrée par des profs mécontents); gérer les conflits quels qu'ils soient, présider aux conseils de classe, préparer les examens, assister à des milliards de réunions, répondre aux demandes des profs, ne pas les insulter, comprendre les raisons de leur arrêt maladie, ne pas les insulter, accepter leurs sautes d'humeur et leurs demandes perpétuelles de changement d'emploi du temps, ne pas les insulter..., etc.

Bon en même temps; on va pas le plaindre, c'est pour ça qu'il a signé : il savait qu"avant d'être PROVISEUR il serait ADJOINT et ne ferait que bosser...

C'est donc l'adjoint qui se tape tout le boulot.

Et du proviseur, j'en ai cotoyé crois moi.

Du libidineux qui essaie de choper tout ce qui porte nichons, (élèves, profs, agents, tout je te dis) au ramolli incapable de prendre la moindre décision, à celui qui ne croit et n'écoute que les parents, au détriment des profs (qu'il ne peut pas sacquer, il a la mémoire courte), ou encore celui qui se cache dans son bureau et n'en sort qu'une fois la nuit tombée, en rasant les murs, pour rentrer dans son logement de fonction et s'y planquer jusqu'au lendemain matin ...

Sans parler de ceux qui ont un goût vestimentaire improbable...(non mais je te jure ça a son importance hein, si si...) : tailleur violet, chaussures plates et chaussettes donald pour madame, pantalons trop courts et chaussettes de tennis pour monsieur....

C'est la cour des Miracles je te dis...

Quant à moi, cette année j' en change...Celui qu'on aimait bien va naviguer ailleurs, et il parait que celle qui lui succède est FOLLE tout simplement.

Cool non?

Finalement qu'est ce qu'un proviseur?
Je te le demande?
Sois pas con non plus, cherche pas, j'ai une réponse à te donner.

C'est jamais qu'un prof mais en PIRE.

Tu vois?

Tu trembles, tu gémis? (à présent qu'a sonnée l'heure?).






Par Betty
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Lundi 10 août 2009
Mon cher lecteur, ma chère lectrice ;

Je passe en coup de vent (comme toi d'ailleurs), je cherche l'inspiration, elle est tombée derrière le frigo, j'ai pas le courage de le déplacer. Quand ce sera fait, si je trouve un déménageur breton, je te parlerai : de Disneyland / des proviseurs de lycée.
T'as qu'à voter pour ce que tu préfères si t'as rien d'autre à faire d'ailleurs.


En attendant je voudrais rendre hommage à cette instit de l'Eure (c'est pas de sa faute, un jour elle retournera dans le Sud) qui a écrit ce joli et lucide poème.



A LIRE, PUIS A TRANSMETTRE

Monsieur Le Président,

Merci de lire ce message,
Un p'tit bonheur sur une page,
Une douceur..pour l'Education Nationale.

Je le confie à la toile,
La grande toile du progrès,
Afin qu'il tisse les voiles...
De la solidarité,
Et qu'il rayonne aux ondes...
De l'humanité.

Je suis Professeur des Ecoles
Dans un petit village de l'Eure,
Trois cents âmes y demeurent,
Et vingt- six élèves à l'école...
Une classe, dite « unique »,
Mais cinq cours, dits multiples...

Dans cette école une chance,
Un p'tit morceau de bonheur,
Qui s'écrit avec ces trois lettres:
Employée de la Vie Scolaire...

Pour l'Education Nationale,
Un p'tit bonheur, c'est pas banal,
Un léger baume sur le coeur
De cette Grande Dame
Un peu...bancale !

Notre bonheur, c'est Géraldine,
En silence elle participe
A la guérison d'la Grande Dame...
Elle est..une Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
Et c'est du bonheur ...assuré !

Dès le matin, elle s'active,
C'est sur le net qu'elle s'incline
Les courriers, les notes de service,
Toutes les infos de l'inspectrice,
Et celles de l'Académie...
Mes mots notés au brouillon,
Les compte-rendus de réunion,
Tapés, imprimés, photocopiés,
Enveloppés, adressés, timbrés,
Prêts à être distribués...

Encadrés, les derniers dessins des CP,
Affichés, sinon...à quoi bon dessiner?
Un CM vient montrer son texte sur le musée,
Elle l'aide à le recopier, à taper sur le clavier...
Retentit le téléphone, qu'elle décroche sans tarder,
Afin de ne pas gêner, le travail commencé,
Un autre enfant vient finir avec elle l'exercice,
Elle explique et décortique, redonne de l'énergie..

Rangée la bibliothèque,
Notés les livres prêtés,
Elle prépare la maquette,
La une du journal scolaire...

Ah! Notre petit journal
« Magique », ils l'ont appelé
Quel travail de fourmi,
J'y passerai......des nuits ?

Sonne la récréation, une mi-temps pour souffler,
Elle me rejoint, souriante, à la main nos deux cafés,
Quelques chaudes gorgées, entre... deux conflits à régler,
Des solutions à trouver, des mots à reformuler,
Une écorchure à soigner, une blessure à consoler...

Et puis...c'est reparti !
Sur les chemins de la connaissance,
Vaincre ainsi sans cesse l'ignorance,
Avec labeur, effort, sérieux,
S'ouvrir l'esprit, être curieux.

Ne pas oublier l'insouciance,
De tous ces êtres en enfance,
La bonne blague!... On la mettra dans le journal,
Les bons gags, et les rires, c'est vital !

Dans les pots
Les peintures sont bien préparées,
Quatre enfants sur un chevalet,
Deux à l'ordi pour recopier,
Les autres en dessin sur papier,
....Sans elle, jamais...
Ce ne serait si bien géré.

Bientôt la fin de la journée,
Plus l'aide personnalisée,
Restent les cahiers à corriger,
Faire le point pour évoluer,
Et demain..tout continuer.....

Le soir, coup de fil...
C'est Géraldine,
A sa voix, je perçois,
Une blessure qui abîme...
Ecoute, me dit-elle...c'est à pleurer !
Du « Pôle Emploi » j'ai reçu...un imprimé,
Dans quelques semaines, c'est marqué,
Votre contrat est terminé...

Ils me demandent ce que j'ai fait,
Pour trouver un futur emploi..
Sa voix se fêle... »J'ai..un emploi! »
Ils me demandent ce que j'ai fait,
pour me former, pour m'insérer,
Sa voix se gèle.... puis accélère: « Je...suis formée,
depuis trois ans, j'me sens utile, insérée et c'est varié,
Pas bien payé, mais..j'veux rester ! »
Sa voix s'étrangle... c'est à pleurer...

Ils me demandent mes compétences
C'que j'ai acquis, que vais-je répondre?
Il y a l'espace ...d'UNE LIGNE
UNE LIGNE.... mais tu te rends compte !

J'ai honte, honte...il aurait fallu UNE PAGE
Au moins UNE PAGE pour répondre,
J'ai honte, honte..pour notre Grande Dame
Pour ceux qui l'ont créée, l'ont fait évoluer,
Qui a tant appris aux enfants,
Qui a tant encore à leur apprendre..

Et Géraldine ???
On n' lui dira même pas MERCI
Bien sûr, pas de parachute doré,
Et même pas d'indemnité
Ils lui précisent... Oh!..comme ils disent
D'étudier ses droits...pour..le R.M.I.
Elle a raison...c'est à pleurer..

Alors qu'on demande chaque jour,
A nos élèves de dire « Bonjour »
De dire « Au revoir » et.... « Merci »
De s' respecter, d'être poli
Comme vous dîtes, Monsieur Sarkozy...

Que vais-je dire, à la p'tite fille,
Qui l'aut're jour, près de moi ,s'est assise,
Et ,toute fièrement, m'a dit:
« Tu sais, Maîtresse,moi, quand j'serai grande,
J'irai au collège, comme mon grand frère,
J'irai au lycée, j'passerai mon bac,
Et je ferai...comme Géraldine! »

Je sursaute.. Mon coeur se serre..C'est à pleurer.

C.Picavet
Professeur des écoles
à l'école des Livres Magiques
Saint-Grégoire du Vièvre (Eure)

En hommage à toutes les Géraldine, Florence, Sabrina, Laurence,
Elodie,
à tous les Philippe, Sébastien, et bien d'autres qui ont valorisé mon
travail, et participé à la guérison d'la Grande Dame...
qui est encore bien malade...

Je ne crois pas à la peur, je crois à la force et à la magie des mots,
Et pour garder notre bonheur, il suffirait de quelque Euros...
Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de formation,
Jetterai son salarié, pour prendre un autre, recommencer ?
Quel jardinier, quel paysan, brûlerai sa récolte mûre, après avoir
semé, soigné?

Je n'ai pas fumé la moquette
Je veux seulement que l'on arrête,
De prendre les gens pour des pions,
Qu'on arrête de tourner en rond !

Torpillé le « Chagrin d'école »
En mille miettes de BONHEUR !

En l'honneur de tous ces p'tits bonheurs..
INONDONS LE NET
les amis, les décideurs,
les chômeurs, les travailleurs,
directeurs, les inspecteurs,
employés et professeurs,
députés, ministres,
r'm'istes ou artistes,
chanteurs, compositeurs, rapeurs, slameurs,
radios, journaux, télés,

et à tous ceux qui sont...parents...d'un enfant..

enfin à chaque être humain de ce pays
qui j'espère un jour dans sa vie,
a bénéficié d'un peu de bonheur,
de cette Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
dans le giron de la Grande Dame.
P.S: Ironie..... A la rentrée, c'est presque sûr
Notre petite école rurale
Sera dotée d'une Valeur Matérielle Ajoutée,
Des fonds ont été débloqués,
Huit ordinateurs et un tableau interactif
Une « classe numérique »
Nous serons à la pointe du progrès ! Et pour cela, je serai formée !
Mais, qui m'aidera à installer, et à gérer, sans Valeur Humaine
Ajoutée !
 

 




Par Betty
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Jeudi 25 juin 2009
 Je dois d'abord rendre à César ce qui lui revient : c'est Sophie qui m'a donné l'idée de ce billet, suite à la fête de l'école de ses filles, et Théo qui m'a demandé si j'aimais discuter avec les mamans devant l'école. (mais lol quoi).


Sinon, what else?

Ah oui, ça me revient.


D'abord, voici mon avis sur les enfants (j'ai trouvé une mine de citations de Desproges, je pense que tu vas en bouffer pendant un moment).



Je ne suis pas raciste, mais il faut bien voir les choses en face : les enfants ne sont pas des gens comme nous. Attention. Il n’y a dans mes propos aucun mépris pour les petits enfants. Seulement, bon, ils ont leurs us et coutumes bien à eux. Ils ne s’habillent pas comme nous. Ils n’ont pas les mêmes échelles de valeurs. Ils n’aiment pas tellement le travail. Ils rient pour un oui et pour un non.



Le problème majeur de l'Ecole c'est que c'est bourré d'enfants.
Déjà, ici, je t'avais expliqué ce que je pensais de l'utilité des enfants.

A mon avis, l'enfant ne sert à rien, à la rigueur, il peut avoir une vertu décorative quand tu es invité à un mariage par exemple, où il est du meilleur effet d'arriver avec des enfants bien propres et bien habillés.
Et encore, ça ne dure jamais longtemps car pour une raison que j'ignore, ils finissent toujours par se trainer sous les tables pendant le dîner.

Mais il est de notoriété publique qu'il faut les éduquer un minimum c'est pourquoi on a inventé l'école maternelle et élémentaire.

Et celle ci est d'abord constituée d'un "devant d'école".

Près de la mienne il y a un IUT et un CFA. L'IUT est à droite et le CFA à gauche.
Attends voir.
Oui, si tu TOURNES le dos à l'école.
Sinon, si tu REGARDES l'école, c'est le contraire.

Et donc, c'est le bordel sur le parking car les étudiants PIQUENT les places de parking, qui se réduisent comme peau de chagrin à cause qu'ils font des trous partout dans ma ville pour nous l'agrémenter d'un tramway (zzz zzzz fait le tramway).


Bref.

Devant l'école tu rencontres facilement des tas de mamans prêtes à discuter de tout et de rien.
Parfois une maman baleine échouée sur le muret fait l'animation en racontant ses exploits, parfois une autre râle contre ces en***** de l'Educ Nat...

Dans l'ensemble le plus étonnant c'est que toutes ces bonnes femmes semblent se connaitre.
Je sais pas pourquoi, ni comment.
Y a un club de mamans qui apprennent à se connaitre afin de ne pas paraître ridicule devant l'école? Pour trois sujets de conversation achetés ils en offrent un gratuit?

Je comprends pas, moi j'ai rien à dire à ces gens, c'est pas que je les aime pas, enfin si, un peu, mais surtout de quoi on va parler?

La majorité vient accompagnée du reste de sa progéniture, généralement en poussette.
Déjà que c'est le bordel pour se garer, faut aussi slalomer entre les poussettes...

Puis tu finis par rentrer.


Et là tu es assailli par un fumet épouvantable. Des vapeurs méphitiques t'enveloppent et t'as juste envie de partir en courant  mais comme t'es obligé de récupérer ton gosse, tu restes.

Ca pue comme tu peux pas imaginer.
Les enfants sont vraiment pas propres hein.
Pouah l'horreur mais vraiment.

Tu plains sincèrement les instits, et le personnel en général.

Tu te dis que vraiment l'hygiène de certaines personnes est à revoir.

Et tu récupères ton monstre, tu l'embrasses et tu t'aperçois qu'il pue autant que les autres.

La honte quoi.

Ensuite, là dedans, il y a la MAITRESSE.

C'est à elle que tu demandes si ton mioche est aussi intelligent que ce que tu pressens, ou quoi.
Là elle te répond, "oui mais il est très bavard, et l'autre jour avec Noa et Bastien ils ont dit tout un tas de gros mots."

Gné?

Putain fais chier, (con) . Comme on dit dans le sud ouest.
J'ai mis "con" entre parenthèses parce qu'on ne le dit que si on est vraiment très bourrin.

Ah oui? on est vraiment très bourrin? Ah bon..

En tout cas, si on est du sud ouest, en général on dit au moins putain à chaque phrase.
Par contre, si on s'appelle Marie Chantal on dira plutôt "sapristi" voire "crotte" si on fait preuve d'une audace insensée.

Et pour finir l'année en beauté il y a le petit pestacle de la maternelle.

Quand tu es un bon parent tu arrives à l'heure pour les voir danser, se donner la main et chanter jamais au bon moment (et tu regardes la maitresse qui est consternée).

Quand tu es un parent, tu arrives en retard mais par contre tu te glisses furtivement près de la table où les bonnes mamans ont apporté des tas de gâteaux au chocolat, des crêpes et des gaufres.

Et tu évites soigneusement de longues discussions pénibles et inutiles avec les autres parents, en prétextant un rendez vous chez le proctologue.

Enfin, t'es pas obligé de dire proctologue mais au moins après t'es peinard, elles viennent plus te tourner autour.

Et bien sûr tu zappes sans aucun scrupule le petit apéro pour lequel on t'a honteusement racketté ( ah mais oui, c'est vrai c'est l'Educ Nat...), de la même manière que t'avais totalement omis d'acheter des billets de tombola, afin de gagner, peut être un vélo ou une trottinette, chose que t'as déjà en triple exemplaire à la maison...

Bref, l'Ecole, c'est vraiment le paradis.

Pour les enfants...
Par Betty
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Mercredi 10 juin 2009
Je l'avais promis, je vais le faire.


Déjà, imagine un peu la salle des profs, vers 7h55 quand ça va SONNER.

T'as plein de gens qui discutent, qui sourient, détendus du string, sauf les profs d'atelier qui, en règle générale (et après vérification) ne portent pas de string.

D'un coup ça SONNE.

Bon alors t'as différentes réactions.

T'as celle qui se met à fouiner dans son cartable en faisant genre, oh mais merde, merde quoi, on dirait bien que j'ai oublié mes photocopies. Donc ça farfouille, ça refarfouille, ça soupire , et ça annonce fièrement :" je crois qu'il faut que je les refasse " (sous entendre : comment gratter 10 minutes).

T'as celle qui crie "ah my God j'ai les carrossiers" (si elle est prof d'anglais), ou "ah putain fais chier j'ai les carrossiers" (si elle est prof d'autre chose, donc dénuée du moindre intérêt).

T'as celle dont la tête se met subitement à tourner à 360° et qui profère tout un tas d'horreurs, et je te parle même pas de ce qu'elle fait avec son crucifix (parce qu'elle a un crucifix) (et même de l'ail parce qu'elle va en cours avec les mécanos et qu'elle se méfie) (et elle fait bien).

T'as celui qui dit, deux heures plus tard, " ça a pas sonné, là? j'me prends un café", tout ça parce qu'il a cours avec les secrétaires et que LA SECRETAIRE c'est le mal...

Toutes ces réactions là sont induites par une seule et unique cause.

Et pas des moindres.

Cette cause, c'est "lézélèves".

Nous autres, profs, on dit le mot entier, d'une traite, comme si ça formait une masse informe composée de gens divers.

Genre:

 - une conversation au self : "t'as fait quoi Gérard, ce week-end?"  "J'étais dans ma maison de campagne".
  "Ah cool, et t'as fait quoi? "   'J'ai jardiné et puis je me suis rendu compte que j'avais oublié de corriger lécopidézélèves".

 En règle générale s'ensuit un silence consterné et compatissant, vu qu'en principe pendant le repas on évite les sujets qui fâchent et accessoirement qui vont considérablement entraver ta digestion.

- une conversation de profs trop hype qui fument dehors, sur le trottoir et qui ricanent bêtement en organisant un top des profs les plus beaux du lycée (ça c'est pour les profs femelles, les mâles, eux auraient tendance à chercher à élire la plus chaudasse mais enfin, la nature humaine est ainsi faite que la femme a un cerveau alors que l'homme n'est équipé que de quelques machins qui pendouillent à un endroit certes judicieusement choisi pour la reproduction de ladite humanité mais bref)
Et brusquement, alors que les esprits s'échauffent (on est pas d'accord, on avait dit que le prof d'histoire géo qui vient d'arriver méritait largement la première place quand tout à coup, surgie hors de la nuit, quelqu'une prétend qu'en fait c'est le prof de philo, là, le grand mince barbu, qui raflerait la palme et le doute d'installe, nous habite (oh oui)
Bref, on s'énerve, on trépigne, on maisouetdoncornicar, quand quelqu'un souffle : "chhhhhutttt y a dézélèves".

Ah putain le silence (enjoy the silence) tout à coup.

Enfin bon, ce que je voulais dire c'est que lélève n'est rien que le cauchemar du prof.

Et comme tu es curieux comme un pou, et laid aussi peut être (je ne te le souhaite pas mais franchement ça peut arriver, et je reconnais que tu n'y es pour rien mais t'as quand même pas de bol), je vais te dire de quoi est constituée cette masse de gens qu'on nomme donc "lézélèves".

Voici quelques cas récurrents dans nos classes, ces havres de paix dans lesquels nous transmettons la bonne parole à des jeunes qui nous vénèrent, les écoutilles grandes ouvertes, afin d'ingurgiter le maximum de savoir et de devenir aussi intelligent que Sarkozy, ce qui n'est pas rien, tu en conviendras.


- Le qui-a-peur-de-tout.  Celui là, il a même peur de toi, le prof, c'est dire s'il est à la rue, ou alors c'est un Amish, ou un Mormon, ou encore il vit seul avec son arrière grand père dans un manoir  breton. (pourquoi breton? je me le demande aussi). C'est le genre qui fréquente tout type de section, aussi bien en vente qu'en usinage.
Il est généralement seul à sa table et garde les yeux baissés sur sa copie. Quand il te regarde t'as envie d'appeler la Ddass parce qu'il te fait irrésistiblement penser à un chien battu. C'est tout juste si quand ça sonne il sursaute pas.
 Je ne te cache pas qu'il n'a pas de portable et par conséquent pas d'amis.
Il est tout à fait capable d'être un bon élève mais comme il a peur de répondre à tes questions, tu ne peux t'en assurer qu'à l'écrit.

- à l'inverse tu peux tomber que le qui-sait-tout. Arrogant, prétentieux et convaincu qu'il en sait plus que toi, et toujours prêt à te déstabiliser.
Parfois il est totalement nul mais de toute façon son but est simplement de dire le contraire de ce que tu dis.
Par exemple, tu donnes un devoir dans lequel il faut raconter une visite de Londres (et tous les monuments sont donnés au cas où ces andouilles te parleraient de la statue de la liberté). Là alors que les autres font fumer leur neurone, il lève la main et te dit "ah, et depuis quand on a visité Londres nous?" (genre tu nous a pas organisé une petite sortie, tu vas pas nous faire chier avec ça, si?)
Tu brûles de l'appeler connard, mais c'est interdit en fait.

- le complice. Celui là, c'est le contraire du précédent. Quand tu fais une vanne, il comprend ( lui t'as envie de lui faire des bisous, mais c'est interdit, aussi). Quand accidentellement en cours d'anglais, tu parles anglais, il comprend et il répond. Quand t'es profondément désespéré de la nullité de ces gosses il te sourit et il compatit (t'as envie de le serrer dans tes bras et qu'il te console mais ça, laisse tomber comment c'est INTERDIT).
 

- Le vraiment-trop-nul. Alors il faut bien reconnaitre que ce cas de figure là, est très trrrès courant.
Dans toutes les sections, tertiaire, industriel, ce que tu veux, du qui comprend que dalle, on en a à la pelle. (là, ça fait métier du bâtiment non?)
 Bon alors lui, dés le 3 septembre, il te prévient. "tfaçon chui nul g jamé ri1 compri à 7 lang mé grav koman sa pu langlé". Enfin il te le dit oralement mais en langage écrit ça donne à peu prés ça.
Et comme le prof est pédagogue il va lui promettre qu'il peut y arriver en travaillant un peu et que le prof va faire de son mieux pour qu'il ne se sente plus en échec scolaire (alors qu'au fond de lui il se dit "putain encore un boulet").
Quand je dis nul c'est nul quoi. Par exemple, conjuguez le verbe être (to be) à la bonne personne en fonction des phrases proposées, ben il te met "nice " ,"the" ou encore "because" (si t'as vraiment de la chance).
Bref, le haut du panier quoi.

- le très-moche. Bon franchement je trouve dégueulasse que vous attendiez que je vous dise des horreurs là dessus.

- la FILLE. La pauvre déjà elle porte le lourd handicap d'être une nana, et en plus en LP.
En général la fille est un peu nouille. Elle se vêtit et se maquille à peu prés comme Amidala dans Star Wars (mais elle ressemble pas du tout mais PAS DU TOUT à Natalie Portman)
 Elle pousse des gloussements étranges  évoquant tout à fait la parade des paons, et si tu y regardes à deux fois justement, tu verras qu'il y a , pas bien loin d'elle, une parade en cours. La paonne couine, trébuche, se rattrappe à sa co-paonne (sans déconner celle là je la trouve bonne mais enfin tu me donneras ton avis) en lui disant "mais vas-y grosse p**** aide moi con****". Et une fois relevée elle sort son arme redoutable : miroir et maquillage et nous voilà parés pour le carnaval.

Le pire c'est que parfois LA FILLE est en secrétariat ou comptabilité.
Bon ben là, c'est double handicap, je veux dire (I mean).
Parce qu'elle glousse TOUT en se faisant les ongles. Ou se recourbe les cils. Ou tire un peu sur son string qui lui rabote  les fesses.
Ce que je voulais dire en fait c'est que je suis pas sure que les FILLES soient l'élément de finesse dans un LP.
Certains mécaniciens sont de loin plus romantiques...

- Et pour finir, justement, par une touche de douceur (encore que) : le dragueur.
Alors çui là, tu le rencontres dans tout type de section aussi, et tout type d'âge.Le jour de la rentrée, il te voit et il s'asseoit DEVANT (il le refera plus jamais).
 Il te regarde avec adoration et n'hésite pas à te filer son numéro de téléphone, quitte à le faire transiter par tous les autres afin qu'il arrive jusqu'à ton bureau où tu te retranches prudemment au cas où il deviendrait trop pressant.
Tu lui souris poliment, et s'il est vraiment trop lourd tu lui balances une vanne dont on parlera encore quand tu seras à la retraite. Ce dragueur du samedi soir parfois se lève sous prétexte de jeter un papier à la poubelle et traverse toute la classe en bombant le torse et en te regardant en coin (sans déconner on se croirait au Macumba Night).
Parfois le dragueur est plus discret, mais à son sourire tu comprends bien que voilà, quoi.

Si le dragueur est vraiment très joli, tu te souviens aussi que c'est INTERDIT A MORT.
Même si, comme pour moi, notre écart d'age n'est que de 2 ou 3 ans.......


Faudra un jour que je te raconte un autre truc.
T'as lu mes portraits de prof? Bon, s'ils sont comme ça, maintenant que t'as lu ceux des élèves, tu comprends mieux non?
Et ben figure toi qu'après avoir été prof, certains deviennent CHEFS de PROFS.

Bordel est ce que tu peux imaginer le truc? Est ce que tu te rends bien compte qu'après avoir été PROF, ce qui est déjà une tare en soi, certains sont assez usés pour faire CHEF?

Oui, ça tu peux le dire, ça fait FROID DANS LE DOS.......



Par Betty
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